L’UE n’a pas trouvé mercredi de solution qui permette de rassembler une majorité d’États membres sur le sort du glyphosate, renvoyant la décision sur l’herbicide, dont la licence expire en décembre, à une date ultérieure. « La Commission a pris note des positions des différentes délégations des États membres sur lesquelles elle va maintenant réfléchir, et annoncera prochainement la date de la prochaine réunion », a rapporté une porte-parole de la Commission.

Le ministère danois de l’Environnement a expliqué sur Twitter qu’il avait été « impossible de s’entendre sur la proposition de la Commission ». Cette dernière a abandonné son premier projet, qui était de proposer un renouvellement de l’autorisation du glyphosate pour 10 ans. À la place, elle a proposé mardi de renouveler le glyphosate pour une période de 5 à 7 ans.

Capharnaüm européen

De son côté, la France, qui a affirmé publiquement son opposition à une autorisation valable pour encore une décennie, souhaite désormais que la prolongation « n’aille pas au-delà de 4 ans », a indiqué Matignon mercredi à l’AFP.

La FNSEA déplore un « capharnaüm européen et français » et engage le gouvernement français et l’Union européenne à « faire preuve de pragmatisme et rester à l’écoute des agriculteurs ». « Comment comprendre que ceux qui veulent entériner le Ceta et des importations de produits avec des règles sanitaires moins strictes, veuillent interdire le glyphosate ? Soyez cohérents ! », a lancé le syndicat mercredi dans un communiqué.

La Coordination Rurale et l’Organisation des producteurs de grains sont « inquiètes ». « Comment prendre une décision sensée lorsque la désinformation est au cœur du débat ? Depuis le début, des associations environnementalistes ne cessent de jeter le discrédit sur des organismes experts en charge de notre sécurité alimentaire et sanitaire, et voilà qu’aujourd’hui les conclusions du Circ (qui était le seul organisme à classer le glyphosate comme « probablement cancérigène ») sont remises en question… » La CR et l’OPG estiment que « l’agriculture et les agriculteurs méritent mieux que cela et rappellent leur opposition à l’interdiction de molécules tant que des alternatives efficaces et abordables ne sont pas disponibles ».

Pour la Confédération paysanne, « le report du vote ne reporte pas les problèmes ». « Le glyphosate a des conséquences néfastes sur les ressources naturelles et des impacts graves sur la santé humaine. C’est aussi un instrument majeur et structurel du système agricole productiviste et industriel (..). Les alternatives techniques à ce produit existent : allongement des rotations et diversification des cultures en grandes cultures ; désherbage mécanique de manière générale ». « L’interdiction de cette substance doit s’accompagner de fortes mesures de transition comme le rééquilibrage des aides de la Pac, les Maec et d’arrêter de négocier des accords de libre-échange », ajoute la Confédération paysanne.

A.M., avec l’AFP