Les États membres de l’Union européenne s’apprêtent à voter, les 18 et 19 mai 2016, la réhomologation du glyphosate, substance active contenue dans 300 désherbants. Les sociétés commercialisant du glyphosate en France, ont tenu, via leur Plateforme Glyphosate France, un point de presse sur ce sujet le 17 mai à Paris.

Les industriels confiants

Ces industriels se disent « confiants » par rapport à l’issue du vote. « Toutes les instances scientifiques ont rendu des conclusions favorables au produit. C’est une base scientifique forte », a expliqué Yann Fichet, directeur des affaires institutionnelles de Monsanto.

Il fait ici écho aux avis de l’Anses (Agence nationale de sécurité sanitaire) et de l’Efsa (Autorité européenne de sécurité des aliments), en précisant que ce dernier intègre l’expertise du Circ (Centre international de recherche contre le cancer), qui a abouti à des conclusions contraires. Il est à noter qu’une étude de l’ONU, présentée le 16 mai, a conclu que l’herbicide est « peu susceptible de présenter un risque cancérogène pour l’homme de l’exposition par l’alimentation ».

Pour que le glyphosate soit réhomologué, il faut qu’il recueille les votes d’au moins 55 % des États membres (soit un minimum de 16 États), avec une représentation minimale de 65 % de la population de l’Union européenne. À ce jour, « la France et l’Autriche se sont exprimées contre le glyphosate, contrairement à la Grande-Bretagne et à l’Allemagne, qui défendent son utilisation », selon l’AFP. Pour Yann Fichet, si la France vote contre, « il est possible que le produit soit autorisé à la majorité qualifiée ».

Les coformulants, c’est pour plus tard

Si le glyphosate est réautorisé, les firmes phytosanitaires pourront déposer leurs dossiers pour l’autorisation, cette fois-ci, des formulations à base de glyphosate. Avec ou sans tallowamine ? Il est encore trop tôt pour le dire. L’Anses a réuni un groupe d’experts pour évaluer les risques liés aux coformulants présents dans l’ensemble des préparations phytopharmaceutiques.

A.Cas.