Les eurodéputés ont adopté une résolution, sans valeur juridique, demandant à la Commission européenne de renouveler cette autorisation de commercialisation du glyphosate seulement « pour une période de sept ans », alors que cette autorisation va expirer au mois de juin. La résolution rappelle en outre la possibilité de « retirer l’approbation d’une substance active pendant la période durant laquelle elle est autorisée si elle ne remplit plus les critères d’approbation ».

Le texte initial de la résolution demandait à la Commission de ne pas renouveler du tout l’approbation du glyphosate, mais les députés ont adopté un amendement présenté par le Parti populaire européen (PPE, droite) proposant une autorisation pour 7 ans, qui représente un compromis avec la position de la Commission.

Le texte de la résolution pointe que « son utilisation sur la planète a augmenté d’une manière spectaculaire, puisqu’elle a été multipliée par un facteur de 260 au cours des 40 dernières années », malgré des inquiétudes quant à son risque cancérogène et à ses effets perturbateurs sur le système endocrinien.

Favorable à un renouvellement pour 15 ans de son autorisation, la Commission appuie son choix sur l’avis donné en novembre par l’Autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa), qui a jugé « improbable » le risque cancérogène du glyphosate. Une agence de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a à l’inverse déclaré la substance cancérogène « probable ».

Nouvelle réunion du comité d’experts les 18 et 19 mai

Le 8 mars 2016, un comité d’experts représentant les États membres devait se prononcer sur le renouvellement de l’autorisation du glyphosate mais le vote n’a finalement pas eu lieu, alors que plusieurs pays européens avaient annoncé leur intention de voter « non ». Le comité doit à nouveau se réunir les 18 et 19 mai.

Pour l’eurodéputée libérale belge Frédérique Ries, l’un des rapporteurs de la résolution initiale, il s’agissait surtout d’« envoyer un signal fort » à la Commission. « On sait bien que le glyphosate ne sera pas interdit dans l’UE dès le mois de juillet et qu’on ne va pas transformer tout un modèle agricole en quelques mois », a-t-elle souligné.

L’eurodéputée française du PPE, Angélique Delahaye, à l’origine de l’amendement demandant une autorisation de 7 ans, souligne pour sa part qu’« il y a une attente des citoyens mais à ce jour, il n’y a pas d’alternative économiquement viable et garantissant la santé humaine à proposer aux agriculteurs en matière de désherbage ».

AFP