Dans un courrier rendu public mercredi 13 janvier, l’Autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa) se défend des critiques formulées fin novembre par une centaine de scientifiques contre son évaluation du risque cancérigène du glyphosate.

L’Efsa avait conclu dans un rapport que le glyphosate n’était ni génitoxique, c’est-à-dire susceptible d’endommager l’ADN, ni une menace cancérigène pour l’homme.

Or, quelques mois plus tôt, le Centre international pour le Cancer (CIRC), une agence de l’Organisation mondiale de la santé (OMC), avait déclaré cancérogène « probable » pour l’homme le glyphosate, aux côtés d’autres pesticides tels que le malathion ou le diazinon.

S’adressant au commissaire européen en charge de la Santé, Vytenis Andriukaitis, les scientifiques demandaient « d’écarter les conclusions, faillibles, de l’Efsa » et appelaient à « une étude transparente, ouverte et crédible de la littérature scientifique ».

De son côté, la Commission européenne avait demandé à l’agence de répondre aux critiques exprimées fin novembre par ses 96 scientifiques du monde entier dans une lettre ouverte.

« J’espère que cette lettre parvient en partie à clarifier tout doute que vous pouvez avoir sur la procédure suivie par l’Efsa dans son évaluation du glyphosate ou sur notre engagement d’assurer que la procédure est aussi ouverte et transparente que possible », écrit l’agence.

En réponse, l’Efsa explique que les deux études ne doivent « pas être comparées », celle du CIRC étant « une première évaluation », et celle de l’Efsa une « évaluation exhaustive du risque ».

Une rencontre Efsa-CIRC prévue au « début 2016 »

Le glyphosate n’est pas la première substance chimique à ne pas finir sous la même classification dans les deux agences, souligne encore l’Efsa. Cette dernière se concentre notamment sur l’agent actif, comme requis par la législation européenne, et non sur le mélange qui compose le pesticide.

L’agence européenne invite toutefois ses confrères du CIRC à une rencontre au « début 2016 » pour échanger sur les éléments et les méthodologies utilisés dans les différents rapports.

L’Efsa affirme avoir respecté les exigences légales pour effectuer son étude, et renvoie aux milliers de pages de documents publiées sur son site.

Parallèlement, l’autorisation du glyphosate dans l’UE prend fin au 30 juin 2016. La Commission européenne doit d’ici là décider de le garder ou non sur la liste de l’UE des substances actives autorisées, condition préalable pour permettre aux 28 de réévaluer l’autorisation des pesticides qui contiennent du glyphosate sur leur territoire.

D’après AFP