Dans une lettre ouverte parue ce vendredi 17 juin, les présidents du réseau Base (1) font part de leur position quant à la réautorisation du glyphosate.

« Bannir le glyphosate » ne serait pour eux « qu’une victoire politique pour des petits groupes d’activistes soi-disant “écologistes” avec, à la clé, et c’est cruellement ironique, une augmentation de la consommation des autres produits phyto qui ne déplairait sûrement pas à leur ennemi juré Monsanto ».

Ce qu’ils veulent, « sans remettre une carte blanche au glyphosate », c’est du « courage politique et [du] bon sens [afin] d’encadrer son utilisation pour des emplois stratégiques où les bénéfices avérés et mesurés dépassent largement des risques qui ne sont encore aujourd’hui que pressentis », précisent-ils.

Utilisation du glyphosate

Pour eux, l’agriculture de conservation « répond à la très grande majorité des enjeux agroécologiques ». Cependant, elle est dépendante du glyphosate. « Même si elle arrive à s’en passer ponctuellement, [il] lui est, pour l’instant, nécessaire car il permet de limiter l’envahissement des adventices graminées. »

De plus, les solutions de remplacement du glyphosate ne remplissent pas les objectifs d’une « agriculture qui redonne à l’écosystème “sol” sa place d’outil numéro un de l’exploitation agricole », puisque le « travail intensif et répété des sols cumulé à une utilisation plus massive d’autres produits phyto » est « contraire à la notion de conservation des sols ».

A. Cas.

(1) Base pour : Biodiversité Agriculture Sol et Environnement. Bertrand Paumier et Fabien Labrunie en sont les coprésidents, et Frédéric Thomas, le responsable de la communication et des relations internationales.