Deux semaines après avoir annoncé que l’agriculture de conservation pourra continuer à utiliser le glyphosate, Didier Guillaume confirme sa décision : « Ma position est claire : on va continuer l’agriculture de conservation des sols avec du glyphosate » a dit le ministre. « S’il n’y a pas de glyphosate », l’agriculture de conservation des sols, « pratique agroécologique vertueuse », ne « peut pas se faire », a jugé le ministre.

Les rapporteurs de la mission d’information commune sur le suivi de la stratégie de sortie du glyphosate avaient déjà classé l’agriculture de conservation des sols parmi les situations d’impasses.

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Les intérêts de l’ACS compris au ministère

L’agriculture de conservation des sols est une pratique agronomique qui supprime le labour afin de préserver la vie biologique des sols et lutter contre l’érosion. Elle parie notamment sur les « couverts végétaux » qui jouent à la fois un rôle d’engrais vert, afin d’apporter de l’azote via les racines des végétaux et de réduire le recours aux engrais chimiques, et un rôle de pompe à gaz carbonique, via la photosynthèse des plantes.

« Si on veut protéger les sols, garder le carbone dans les sols et lutter contre le réchauffement climatique, il faut des couvertures de sol, il faut arrêter ces grands champs labourés vides pour capter l’azote, le carbone », a expliqué le ministre.

« Il faut une couverture des sols, c’est reconnu dans la transition agroécologique, pour faire cela, il y a besoin de glyphosate, je crois que c’est un litre par hectare », afin de désherber les champs non labourés une fois par an avant de semer de nouvelles cultures.

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Des zones de flou pour l’arboriculture et la viticulture

Dans une interview à la presse quotidienne régionale vendredi 21 février 2020, le président de la République, Emmanuel Macron, cite aussi l’agriculture de conservation des sols comme possible exemption à l’interdiction du glyphosate en 2021, un objectif qui « n’est pas tenable sur la totalité des exploitations ».

« Sur la base des travaux déjà réalisés, il est possible d’envisager une réduction très importante des quantités utilisables en viticulture ou en arboriculture, nous aurons prochainement les éléments pour les grandes cultures », indique le président.

« Les impasses (situations où on ne peut pas se passer de pesticides à ce jour NDLR) identifiées par l’Inra en 2017 devront être prises en compte : terrains non mécanisables, agriculture de conservation des sols, cultures légumières sous contrat », a-t-il aussi dit.

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Renaud d’Hardivilliers avec AFP