À la veille du vote des États membres le mercredi 25 octobre, la Commission européenne a changé son fusil d’épaule. Par peur de ne pas obtenir à nouveau de majorité qualifiée, elle propose aux pays de l’UE de renouveler la licence du glyphosate, non pas pour 10 ans comme initialement prévu, mais pour une période de 5 à 7 ans. La Commission espère ainsi répondre aux attentes des États et obtenir une majorité qualifiée.

« Nous voulons que toute décision soit faite autour d’une majorité de nos États membres la plus grande possible », a expliqué le porte-parole de la Commission Margaritis Schinas lors d’un point de presse à Strasbourg.

À ce titre, l’exécutif européen a donné de « la marge » à son représentant au sein du comité d’experts chargé du dossier pour « structurer » ce soutien le plus large possible « autour d’une période de renouvellement de cinq à sept ans ».

Pour la FDSEA de l’Île-de-France, « la Commission européenne se dégonfle face aux lobbies environnementalistes ». « Ce délai de 5 à 7 ans est trop court pour trouver des solutions alternatives et va mettre à mal la compétitivité des exploitations agricoles françaises, créant des charges supplémentaires, explique le syndicat. C’est un coup de canif supplémentaire donné à la profession et un non-sens scientifique. »

De son côté, Générations Futures « reste fermement opposé à cette nouvelle proposition de la Commission car cela ne signifie en aucun cas une sortie rapide et définitive du glyphosate, contrairement à la proposition votée ce midi au Parlement européen ».

Le Parlement pour une interdiction d’ici à la fin de 2022

Car il s’agit bien d’une proposition fondée sur un renouvellement d’autorisation et non une interdiction, comme le préconise le Parlement européen, qui a voté aujourd’hui, mardi 24 octobre, en faveur d’une résolution pour un arrêt progressif du glyphosate dans l’UE d’ici à la fin de 2022.

F.M.