Un comité d’experts, composé de représentants des 28 pays de l’UE, s’est réuni jeudi à Bruxelles pour évoquer le dossier du glyphosate. « Pendant la réunion, la Commission a invité les États membres qui n’avaient pas réagi à sa proposition déposée en juillet à indiquer leur position », a rapporté une porte-parole dans un court communiqué.

Des positions non connues

Selon elle, les États membres restaient divisés sur l’idée d’une nouvelle autorisation du glyphosate pour une durée de dix ans : « Plusieurs » ont apporté leur soutien à la proposition, « quelques-uns » n’avaient pas encore décidé et « peu » ont affirmé leur intention de s’opposer, a-t-elle indiqué, sans donner de nom. La Commission a répété lors de la réunion de jeudi que l’autorisation du glyphosate ne serait pas renouvelée « sans le soutien nécessaire des États membres ». La France, l’Autriche et l’Italie ont publiquement déclaré qu’elles refusaient une autorisation pour dix ans.

Décision de la Commission

Le comité se réunira de nouveau le 23 octobre mais l’agenda de cette prochaine réunion n’a pas encore été fixé, selon la Commission. La dernière réunion de l’année aura lieu les 12 et 13 décembre.

En 2016, l’exécutif européen avait déjà refusé de prendre la décision en dernier recours, faute de majorité qualifiée au sein des États membres. Elle avait alors prolongé pour 18 mois la licence qui expirait à l’été.

Évaluation des agences européennes à l’Assemblée nationale

Selon l’Autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa), il n’y a pas de raison de classer le glyphosate comme cancérogène, opinion sur laquelle se base la Commission pour avancer sa proposition. Mais les opposants au glyphosate s’appuient sur une étude du Centre de recherche sur le cancer de l’OMS (Circ), qui a classé la substance comme « cancérogène probable ».

La commission des affaires européennes de l’Assemblée nationale, présidée par Sabine Thillaye, a proposé le 5 octobre de saisir le président de l’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques, le député et mathématicien Cédric Villani, d’un rapport sur « l’indépendance et l’objectivité des agences européennes ». « La question de l’utilisation du glyphosate doit être appréhendée à l’échelle européenne, au risque de créer de nouvelles distorsions de concurrence. À ce titre, il est fondamental que l’ensemble des citoyens européens puissent disposer d’une expertise scientifique la plus fiable, objective et transparente possible », a indiqué Sabine Thillaye dans un communiqué.

A.M. avec l’AFP