Lundi 25 septembre, le Premier ministre a demandé aux ministères de l’Agriculture et de la Transition écologique de lui présenter avant la fin de l’année « les conditions d’un plan de sortie du glyphosate », a indiqué Matignon dans un communiqué. Ce rapport devra tenir compte « de l’état de la recherche et des alternatives disponibles pour les agriculteurs ». Le gouvernement indique qu’il confrontera sa position à celle de la Commission européenne et des autres États membres afin de trouver « les conditions d’une transition raisonnable vers la sortie du glyphosate ».

Pour Christiane Lambert, présidente de la FNSEA, ce communiqué a « ouvert une brèche » et a permis de « décrisper » la position du gouvernement. « S’il n’y a pas de solutions alternatives, il n’y a pas d’interdiction. C’est ce que j’interprète du communiqué de Matignon », a-t-elle déclaré lundi juste après sa rencontre avec Nicolas Hulot, avec qui elle a discuté « des sujets relatifs aux phytos en général et du glyphosate en particulier ».

« Une interdiction sèche est intenable »

« M. Hulot a conscience qu’une interdiction sèche du glyphosate au 1er janvier 2018 est intenable », a-t-elle rapporté, estimant que le ministre était « prisonnier du vote de Ségolène Royal d’il y a 18 mois ».

« M. Hulot sera prochainement invité à visiter une ferme expérimentale, dans laquelle des solutions alternatives sont recherchées », a-t-elle fait savoir. « Il est bon que le ministre entende les retours du terrain ».

Christiane Lambert s’est réjouie des actions lancées depuis une quinzaine de jours par la FNSEA, et notamment la manifestation sur les Champs-Elysées. « Nos actions ont porté leurs fruits, c’est la preuve que quand on vient porter aux portes du pouvoir nos revendications, ils nous entendent. Par contre, la grogne dans les campagnes, tout le monde s’en fout », déplore-t-elle.

Un calendrier peu clair

Le gouvernement semble cependant peiner à s’accorder sur un calendrier. Faisant suite au communiqué de Matignon, le porte-parole du gouvernement, Christophe Castaner, a déclaré sur BFMTV et RMC lundi matin que le glyphosate « ainsi que tous les produits qui lui ressemblent et qui menacent la santé des Français » seront interdits en France « d’ici à la fin du quinquennat ». De son côté, le ministre de l’Agriculture, Stéphane Travert, avait suggéré vendredi que la France propose de prolonger de « cinq à sept ans » l’autorisation du glyphosate au sein de l’UE, contre les dix ans souhaités par la Commission…

La présidente de la FNSEA a estimé qu’il était « hors de question » que la France impose des règles plus strictes que l’Union européenne. « Si l’Europe dit oui, il est hors de question que la France dise non », a-t-elle affirmé, mettant en garde contre les distorsions de concurrence. Le vote européen, qui devait avoir lieu les 5 ou 6 octobre, devrait avoir finalement lieu en novembre.

Au tour de JA

Mardi matin, le 26 septembre 2017, c’était au tour des Jeunes Agriculteurs (JA) de rencontrer le ministre de la Transition écologique. « Il nous a clairement affirmé qu’il n’y aurait pas d’interdiction du glyphosate au 1er janvier 2018, rapporte Jérémy Decerle, le président de JA. Il a aussi confirmé la position de Matignon, à savoir qu’un dialogue avec la profession et le ministère de l’Agriculture était nécessaire pour préparer la sortie du glyphosate. »

Pour Jérémy Decerle, cette rencontre a été « rassurante » et « constructive », même si Nicolas Hulot maintient que la France votera contre la réhomologation du glyphosate lors du prochain vote européen.

A.M.