« Nous sommes fondés à penser que les autorités européennes et les industriels ont cherché, via des interprétations faussées d’analyses, à maintenir le glyphosate sur le marché européen malgré ses probables effets cancérogènes pour l’être humain », a indiqué l’avocat de Global 2000, Josef Unterweger.

L’annonce de cette plainte intervient alors qu’un comité d’experts représentant les États membres de l’Union européenne doit statuer les 7 et 8 mars 2016 sur le renouvellement de l’autorisation du glyphosate, qui expire à la fin de juin. Cette substance très utilisée a été déclarée cancérogène « probable » par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) en mars 2015. La Commission européenne s’est toutefois prononcée en faveur d’un renouvellement de son autorisation de commercialisation, après un avis de l’Efsa, qui avait suscité la polémique en novembre en jugeant « improbable » le risque cancérogène de ce pesticide.

L’autorité sanitaire allemande BfR également mise en cause

Global 2000 et d’autre ONG européennes reprochent à l’Efsa d’avoir repris telles quelles les conclusions de l’autorité sanitaire allemande BfR, qui avait elle-même endossé les conclusions du géant américain Monsanto en dépit d’« entorses grossières » à la méthodologie scientifique. Selon les plaignants, les études épidémiologiques de l’OMS ont relevé un risque accru de « 50 % » de cancer des nœuds lymphatiques chez les personnes travaillant avec du glyphosate.

Les plaintes avec constitution de partie civile ont été déposées devant les parquets de Vienne et de Berlin et visent également le BfR, précise Global 2000 dans un communiqué.

AFP