Les commissions de l’agriculture et et de l’environnement du Parlement européen recevront le 11 octobre prochain les institutions impliquées dans les évaluations scientifiques du glyphosate. L’objectif : « faire toute la lumière sur la crédibilité des études scientifiques sur le glyphosate ».

Cette audition convie des représentants de la Commission européenne, de l’Efsa (Autorité européenne de sécurité des aliments), de l’Echa (Agence européenne des produits chimiques), du Circ (Centre international de recherche sur le cancer), de l’EPA (Agence de protection de l’environnement), du Tribunal de Monsanto, de Monsanto et d’ONG impliqués dans le litige dit des « Monsanto Papers », ont indiqué les eurodéputés socialistes Éric Andrieu (France) et Marc Tarabella (Belgique) dans un communiqué paru le 20 juin 2017.

L’affaire des « Monsanto Papers » pèse dans le débat européen

Cette affaire des « Monsanto Papers », dans le cadre de laquelle des correspondances internes de Monsanto sont déclassifiées, est à l’origine de révélations indiquant que la firme connaissait depuis 1999 le potentiel mutagène du glyphosate. L’orientation d’études scientifiques qui tairait ces éléments et le fait que les études sur lesquelles s’est appuyée l’Efsa (1) ne sont pas accessibles à tous (2) sont deux éléments qui poussent les parlementaires à enquêter. Leur objectif : être sûr de la science sur laquelle repose une réautorisation du glyphosate en Europe, pour garantir une protection de la santé des Européens.

Dans le contexte de lancement de la procédure de réhomologation du glyphosate par la Commission européenne, les « Monsanto papers » ont un fort impact sur la position choisie par les eurodéputés sur le dossier glyphosate. Après un débat la semaine dernière, et cette audition en octobre, si leurs doutes sont confirmés, « les socialistes et les démocrates demanderont la création d’une commission d’enquête parlementaire […] à ce sujet pour mieux enfin connaître la vérité ».

A. Cas.

(1) Pour conclure que le glyphosate n’est probablement pas cancérigène.

(2) Malgré la mise à disposition d’études-clés par la Glyphosate Task Force à la fin de l’été dernier, dans une salle de lecture à Bruxelles.