Alors qu’une délégation de la Nouvelle-Aquitaine et de l’Occitanie était reçue vendredi par le ministère de l’Agriculture à Paris, les agriculteurs qui craignent de perdre des aides sans lesquelles leurs exploitations ne seraient plus viables ne lâchent pas la pression depuis deux semaines.

Vendredi matin, les agriculteurs du Tarn-et-Garonne ont placé des barrages sur plusieurs ponts qui enjambent la Garonne, notamment à Verdun-sur-Garonne, Bourret ou Castelsarrasin. « On reste en stand-by en attendant le résultat de la réunion au ministère », a affirmé à la fin de la matinée le président de Jeunes Agriculteurs 82 (JA) Édouard Forestié, présent sur l’A20 au milieu d’une centaine d’agriculteurs.

À Carcassonne, entre trois et quatre cents agriculteurs avec plusieurs dizaines de tracteurs ont déversé du fumier et des palettes qu’ils ont enflammées devant la préfecture, selon les organisateurs.

À Agen, plus de deux cents manifestants, selon la Coordination rurale, mais 130, selon la police, ont bloqué vendredi trois accès de l’autoroute A62 (Bordeaux-Toulouse) dans le Lot-et-Garonne. « Si le zonage était revu, des dizaines d’éleveurs seraient en très grande difficulté dans le département. C’est une aide qui est vitale pour eux, surtout en cette période de crise pour l’élevage. Ces aides permettent aux exploitations familiales de subsister », a assuré Patrick Franken, président de la Coordination rurale 47.

« S’il n’y avait plus d’éleveurs, tôt ou tard, il y aurait des parties entières du territoire qui deviendraient des friches. Ça va à l’opposé de l’objectif annoncé du gouvernement de maintenir les fermes familiales », a-t-il insisté.

Dans le Lot-et-Garonne, l’aide reçue au titre des « zones défavorisées » concerne 603 bénéficiaires pour 3,3 millions d’euros par an au total, soit en moyenne 5 000 euros par exploitation. Avec la nouvelle carte, il ne resterait que 352 bénéficiaires, « soit une perte sèche de 1,9 million d’euros », a estimé le syndicat.

D’autres manifestations au début de la semaine

Dans les Deux-Sèvres, une trentaine d’agriculteurs a déversé dans la nuit de jeudi à vendredi des détritus devant la sous-préfecture et devant un supermarché à Parthenay pour protester contre la révision du dispositif, selon le journal La nouvelle République.

Au début de la semaine, des éleveurs dans le Lot-et-Garonne ont perturbé pendant plusieurs heures le trafic ferroviaire entre Toulouse et Bordeaux. Une manifestation a également bloqué la rocade de la ville de Montauban, moins d’une semaine après un premier rassemblement qui avait mobilisé un millier de personnes.

Mercredi à Toulouse, les agriculteurs de la Haute-Garonne ont à leur tour mobilisé plus d’une centaine de tracteurs pour paralyser le périphérique, puis le centre de la ville.

« Si on n’obtient pas satisfaction (lors de la réunion au ministère ce vendredi, NDLR), ce sera sans concession », avait menacé Christian Mazas, l’un des responsables de la FDSEA. A l’issue de la rencontre, le ministre de l’Agriculture a affirmé que « rien n’est arbitré » concernant la future carte des zones défavorisées simples.

La réforme européenne des zones agricoles défavorisées doit entrer en vigueur au printemps.