Élu d’un territoire très rural, quarante-deux communes pour à peine quinze mille âmes, je suis en contact permanent avec ses habitants, dont les agriculteurs. Ce sont eux qui m’ont alerté sur la révision du zonage ICHN… Un sigle qui m’était encore inconnu il y a un an et demi ! L’ensemble de la communauté de communes, où l’élevage est prédominant, était jusqu’à...
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Des élus mobilisés

Élu d’un territoire très rural, quarante-deux communes pour à peine quinze mille âmes, je suis en contact permanent avec ses habitants, dont les agriculteurs. Ce sont eux qui m’ont alerté sur la révision du zonage ICHN… Un sigle qui m’était encore inconnu il y a un an et demi ! L’ensemble de la communauté de communes, où l’élevage est prédominant, était jusqu’à présent classé en zone défavorisée simple.

Les exploitations touchent en moyenne 10 000 euros d’ICHN, qui représentent la moitié de leur revenu. Toutes ne pourraient pas survivre à une telle perte. Or le nouveau zonage exclut les communes les plus en relief et les plus pierreuses, qui correspondent le mieux aux critères biophysiques européens ! Cette absurdité m’a conduit, avec les autres élus, à me mobiliser.

L’ossature des villages

Les exploitations d’élevage sont au cœur de la vie de notre territoire. Elles offrent des productions de qualité, comme la viande charolaise et les fromages de chèvre AOC. Les familles d’agriculteurs, impliquées dans les activités socioculturelles, sont l’ossature des petits villages. En outre, l’élevage structure le paysage. C’est aussi grâce à lui que notre territoire abrite une biodiversité remarquable, découverte à l’occasion de la mise en place du périmètre Natura 2000, il y a dix ans. Si ces élevages disparaissent, on perd sur tous les tableaux

Les communes privées d’ICHN doivent cette exclusion à leur rattachement à la petite région agricole (PRA) du Mâconnais, à dominante viticole, avec des revenus plus élevés. Mais elles n’ont rien à voir avec le Mâconnais : la vigne a disparu, tandis que l’élevage, qui s’est développé, génère de faibles revenus… Une partie de ces communes sont même classées en « prairies sensibles », qu’il est interdit de retourner : leur vocation d’élevage est sanctuarisée… Il est donc aberrant de considérer, par ailleurs, qu’elles sont en zone viticole !

Trop de contradictions

Nous, élus, avons signé un engagement pour le maintien de ces prairies. Nous n’avons pas deux paroles : si nous ne pouvons pas tenir nos engagements, nous quittons nos fonctions. Nous ne pouvons pas remplir nos missions si on nous demande tout et son contraire ! D’où notre démission. Elle signifie aussi notre solidarité envers les éleveurs et notre refus de collaborer avec un système absurde et complètement sourd.

Tout se joue à Paris

Nous avons envoyé cinq courriers au ministère, des quantités de mails… Il y a eu bien plus de réponses de Bruxelles que de Paris ! On entend parfois que tout se joue à Bruxelles, mais dans notre cas, c’est l’inverse ! La Commission nous a confirmé qu’elle valide la méthodologie du classement, mais que le découpage des petites régions agricoles est à la main de la France. Elle peut le réviser sans même le notifier à Bruxelles.

Il suffirait de rectifier une anomalie pour que nos communes, sans rien bouleverser, soient réintégrées de plein droit dans le zonage ICHN, dont elles respectent tous les critères physiques et économiques. Nous devions signer notre lettre de démission le 14 janvier (2). À la suite d’un appel du ministre, nous avons décidé de la décaler d’une semaine… Cela laisse le temps à la raison de reprendre le dessus !

Propos recueillis par Bérengère Lafeuille

(1) Indemnité compensatoire de handicaps naturels

(2) Le 19 janvier, le cabinet du ministre a signifié à ces élus son refus d’opérer cette modification et Jean-Luc Delpeuch a remis sa démission avec treize autres élus. Relisez notre notre article Quatorze élus du Clunisois démissionnent