Réunies au ministère de l’Agriculture ce 7 mars 2017, les organisations professionnelles agricoles se sont vues présenter un nouveau projet de carte des zones défavorisées simples pour 2018. Par rapport à la dernière version présentée en décembre, la nouvelle carte ajoute 758 communes à la précédente, grâce à la prise en compte de critères relatifs à l’emploi agricole, aux haies et aux surfaces peu productives.

Rendez-vous en avril

Désormais, le projet de zonage inclut 85 % des communes actuellement classées en zone défavorisée simple. Les discussions vont se poursuivre et des critères sont actuellement à l’étude afin d’ajouter de nouvelles communes, notamment dans les territoires d’élevage. Mais alors que les organisations professionnelles s’alarment depuis plusieurs semaines du dépassement budgétaire induit par l’augmentation du zonage, le ministre confirme leurs craintes.

« Sauf à augmenter l’enveloppe budgétaire consacrée à la compensation des handicaps naturels, toute extension aura en effet des conséquences sur le niveau des aides », prévient le communiqué du ministère. Une prochaine réunion, donnant lieu à la présentation de nouvelles cartes, est prévue au début d’avril.

Réactions

« Le moins que l’on puisse dire, c’est que les inquiétudes ne risquent pas d’être levées faisant suite aux différentes annonces d’aujourd’hui », a réagi la Confédération paysanne dans un communiqué de presse diffusé dans l’après-midi. « Le ministère est parvenu à récupérer la majorité des communes actuellement en zone défavorisée simple (ZDS). Néanmoins, on constate de grandes disparités entre certaines zones qui sortent du périmètre ICHN, notamment dans les Deux-Sèvres et le Var […] tandis que de grandes exploitations du Bassin parisien et de la plaine de Caen en deviendraient bénéficiaires […]. »

Le syndicat ajoute qu’aucune « incertitude n’a été levée concernant le maintien de l’ICHN dans les 2 500 communes actuellement en ZDS et qui n’ont toujours pas été récupérées, tout comme le traitement des élevages qui sortiront du zonage d’ici à 2018. Idem concernant le niveau des montants d’aide à l’hectare dans un contexte d’entrée probable de nouveaux bénéficiaires et donc d’explosion de l’enveloppe budgétaire : le plus grand flou règne et rien ne sera décidé sous la mandature actuelle. »

La Fédération nationale bovine, la Fédération nationale des producteurs de lait, la Fédération nationale ovine, et la Fédération nationale des éleveurs de chèvres ont envoyé le 13 mars un communiqué de presse commun. Elles veulent souligner l’enjeu majeur du niveau de soutien pour l’équilibre des territoires de montagne et zones défavorisées, et appellent les pouvoirs publics à «mener la réforme en cohérence avec les positions exprimées sur les multiples enjeux de l’élevage.»

«Cette politique a été construite de façon à cibler l’appui sur l’activité d’élevage dans les zones à handicaps, et elle constitue un levier particulièrement important de compensation, rappellent les quatre fédérations de ruminants. Elle contribue à la pérennité des exploitations dans un contexte économique très difficile pour ces secteurs d’élevage, un grand nombre d’éleveurs se situant en situation critique.»

Bérengère Lafeuille