Le ministère américain de l’Agriculture s’est fixé ce jeudi 20 février 2020 comme objectif d’augmenter la production agricole du pays de 40 % d’ici à 2050 tout en réduisant son empreinte environnementale de 50 %.

Vers un secteur agricole américain « durable »

« Nous savons que nous faisons face à un défi : répondre aux besoins en nourriture, en fibre, en carburant et en alimentation animale, avec des ressources limitées », a souligné le ministre Sonny Perdue dans un communiqué.

« Nous sommes également conscients de la nécessité pour le secteur agricole américain d’être écologiquement, socialement et économiquement durable », a-t-il ajouté.

Dans la droite ligne de l’administration de Donald Trump, qui a abrogé plusieurs mesures destinées à limiter les émissions de gaz à effet de serre dans les secteurs des transports et de l’énergie, le document détaillant les objectifs du ministère ne mentionne toutefois pas une seule fois le changement climatique.

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Empreinte carbone et nouvelles technologies

Parmi les autres objectifs figurent la réduction du gaspillage alimentaire d’ici 2030 de moitié par rapport à 2010 ou la réduction de la pollution de l’eau via une baisse de 30 % des pertes de nutriment.

Pour réduire l’empreinte carbone, le ministère mise par ailleurs sur la captation du carbone à travers de nouvelles pratiques de gestion des sols et de la forêt ou sur le développement d’énergies renouvelables utilisant des produits agricoles.

L’administration dit aussi vouloir moderniser la réglementation pour autoriser plus largement les nouvelles technologies ; la question de l’autorisation des animaux génétiquement modifiés est à ce sujet régulièrement débattue.

Pour parvenir à ses objectifs, le ministère souhaite mieux coordonner la recherche publique et privée et faciliter l’adoption par les agriculteurs de nouvelles technologies et pratiques.

L’administration veut aussi améliorer la collecte des données : si ses services publient régulièrement des chiffres réputés pour leur fiabilité sur les cultures et l’élevage, elle voudrait plus d’informations sur les pratiques employées et l’environnement.

La sécurité alimentaire mondiale en danger

Le deuxième syndicat agricole du pays, NFU, a salué dans un communiqué le fait que le ministère se penche sur la question du développement durable de l’agriculture.

Tous les bouleversements causés par le changement climatique, qui modifie les conditions météorologiques, dégrade les ressources naturelles et érode la biodiversité, « ne mettent pas seulement en danger les revenus des agriculteurs mais, plus fondamentalement, la sécurité alimentaire mondiale », a souligné le président de l’organisation, Roger Johnson.

« La Maison Blanche et le ministère doivent traiter cette crise avec l’urgence qu’elle mérite », a-t-il estimé.

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Avec l’AFP