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À Bruxelles, les États membres campent sur leurs positions

Union européenne - À Bruxelles, les États membres campent sur leurs positions
Vendredi matin, les positions sur le budget global de l’Europe sont toujours aussi éloignées.

Le sommet extraordinaire sur le budget de l’Union européenne reprenait ce vendredi 21 février 2020 au matin après une nuit de consultations. Emmanuel Macron a trouvé des alliés pour défendre la politique agricole commune, fortement attaquée par les pays du Nord.

Les discussions sur le budget de l’Union européenne pour la période allant de 2021 à 2027 se sont prolongées dans la nuit de jeudi au vendredi 21 février 2020 à Bruxelles. Le sommet devrait reprendre vendredi à 10h00, a annoncé la présidence du Conseil après minuit. Un bilan intermédiaire sur l’état des oppositions.

Une nouvelle proposition de compromis devrait être soumise aux dirigeants des États membres. Mais compte tenu des profondes divergences entre les 27, il n’était pas certain que Charles Michel, le président du Conseil, soit en mesure de le faire. Dans ce cas, le sommet serait un échec.

> À lire aussi : Budget européen : un sommet à suspense (19/02/2020)

Le budget global attaqué par les frugaux

Les dirigeants européens avaient affiché leurs divergences dès l’ouverture du sommet.

« Le montant global du budget a été fortement attaqué par les pays du nord et spécifiquement la politique agricole commune », a-t-on indiqué dans l’entourage de la présidence française.

Parmi ces pays, quatre — Pays-Bas, Danemark, Suède, Autriche — surnommés « les frugaux », ne veulent pas que le niveau total du budget dépasse 1 % du revenu national brut de l’Union européenne. Leurs dirigeants ont été reçus ensemble, à leur demande, par Charles Michel.

Les « frugaux » souhaitent également, avec l’Allemagne, une répartition des ressources plus favorables aux nouvelles priorités (recherche, défense, protection des frontières extérieures…). La proposition de compromis de Charles Michel discutée jeudi représente 1,074 % du revenu national brut, soit 1 094 milliards d’euros. Trop élevée pour « les frugaux » !

L’agriculture tiendra-t-elle ?

« Il y a un chemin pour trouver un accord durant ce sommet, si tout le monde montre une volonté de compromis et d’ambition », a de son côté assuré Emmanuel Macron. Il a annoncé vouloir se battre pour la politique agricole commune, alors qu’il est attendu samedi à Paris pour inaugurer le Salon de l’agriculture.

Sa position est soutenue par l’Espagne, où les manifestations d’agriculteurs se multiplient.

Deux des politiques traditionnelles de l’Union, l’agriculture et la politique de cohésion (l’aide aux Régions les moins développées) mobilisent environ 60 % du budget. Ces deux enveloppes accusent une baisse globale d’une centaine de milliards d’euros par rapport au précédent budget (2014-2020) dans le compromis de Charles Michel. Une quinzaine de pays de l’Est et du Sud, dont l’Espagne, la Pologne et la Grèce, réunis au sein des « amis de la cohésion », refusent une baisse du financement de cette enveloppe.

Le Brexit a compliqué la donne de cette négociation. En raison du divorce, le budget 2021-2027 devra se passer de la contribution de Londres, soit un manque estimé entre 60 et 75 milliards d’euros sur sept ans.

Les rabais crispent encore

« L’Allemagne n’est pas satisfaite de la proposition de compromis parce que l’équilibre entre les contributeurs nets (qui payent plus qu’ils ne reçoivent) n’a pas encore été correctement négocié », avait affirmé à son arrivée Angela Merkel.

Les rabais, dont bénéficient aujourd’hui cinq pays — Allemagne, Danemark, Pays-Bas, Autriche et Suède — sont un autre sujet de contentieux. Leur montant est de cinq milliards d’euros par an. Mais les pays bénéficiaires sont sous pression de leur parlement, où leurs majorités sont fragiles, refusent de renoncer à cette disposition.

Les autres capitales, France en tête, voudraient y mettre fin à la faveur du départ du Royaume-Uni, pays qui a imposé cette pratique à l’époque de Margaret Thatcher.

> À lire aussi : La France se crispe au sujet des rabais (19/02/2020)

Les députés auront leur mot à dire

Le président du Parlement européen, l’Italien David Sassoli a aussi fait entendre sa voix, en jugeant la proposition de Charles Michel « inacceptable ». Or, tout accord devra être voté par les eurodéputés.

Un couac de Didier Guillaume

Le ministre de l’Agriculture affirme que le budget de la Pac est sauvé alors que les négociations sont toujours en cours.

« Aucun accord définitif n’est acté » sur le budget de la politique agricole commune, affirme le ministère français de l’Agriculture vendredi 20 février à 11h00. Quelques minutes avant sur la chaîne LCI, Didier Guillaume avait affirmé : « Nous avons gagné la première bataille, la Commission avait fait une proposition pas tolérable » de « 370 milliards d’euros » alors que la dépense de l’Union européenne pour son agriculture est de « 375 milliards » sur la période actuelle. « Le président de la République a déjà obtenu les 375 milliards », a assuré le ministre. « Aujourd’hui, nous avons un budget de la Pac qui est au niveau de ce que nous avons dépensé dans le précédent mandat, c’est une très grande victoire, mais nous voulons aller plus loin car on ne peut pas demander des transitions aux agriculteurs sans leur donner des moyens », avait encore indiqué Didier Guillaume. Provoquant un vent de panique provisoire dans les couloirs des négociations à Bruxelles.

Avec l’AFP
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