Ce mardi 23 mai 2017, le ministre de l’Agriculture, Jacques Mézard, a reçu tour à tour la Coordination rurale et la Confédération paysanne. Les premiers sont sortis de cette rencontre plutôt satisfaits, décrivant un ministre « à l’écoute ». Le syndicat a notamment insisté sur le thème de l’irrigation, comme l’a fait la FNSEA, invitée la veille.

Réguler les marchés

Du côté des marchés, Bernard Lannes et Véronique Le Floch ont également rappelé leur point de vue en faveur de la régulation. Plus régionaux, les thèmes du rat taupier et de la prédation ont été évoqués. La Coordination rurale part donc plutôt sereine.

« Stéphane Le Foll a laissé pas mal de cadavres dans les placards », lance Bernard Lannes, en attendant de voir comment Jacques Mézard s’en saisira. Quant à l’arrivée de Nicolas Hulot au gouvernement, le syndicat assure ne pas avoir d’a priori.

« Ségolène Royal nous avait blacklistés, elle avait fermé les portes à l’agriculture, dit Bernard Lannes. C’est peut-être une bonne chose ce changement. Nous demanderons à être reçus, car nous devons travailler ensemble. »

S’emparer du dossier des contrôles

À sa sortie, la Confédération paysanne était nettement plus réservée. Laurent Pinatel, Josian Palach, Michèle Roux et Cécile Muret, venus jusqu’à Paris représenter leur syndicat, ont lourdement insisté sur la nécessité de s’emparer du dossier des contrôles.

« Un agriculteur qui ne fait plus ses déclarations d’animaux, c’est un agriculteur en détresse, lance Laurent Pinatel. La solution n’est pas de lui envoyer les gendarmes, mais de le soigner. » Le syndicat demande un moratoire sur les contrôles, qui devraient être plus pédagogiques.

Il insiste sur la nécessité de surveiller, ne remettant pas en cause l’existence même de ces visites, mais appelle à éviter les maladresses. « Il faudrait mettre en action chaque acteur de la ferme, propose Laurent Pinatel. Quand un inséminateur ou un vétérinaire n’a pas été appelé depuis six mois, c’est une alerte. »

La Coordination soutient ce besoin de lancer un grand chantier pour améliorer les contrôles, et a aussi discuté du problème avec Jacques Mézard. Elle rappelle d’ailleurs qu’un rapport du CGAAER sur le sujet est paru, et estime qu’il aurait dû être pris plus au sérieux.

Pour un premier rendez-vous, la Confédération paysanne a choisi de ne « parler que des sujets d’urgence ». La confrontation sur les désaccords avec le ministre viendra plus tard.

Hélène Chaligne