« Plusieurs épisodes récents ont montré que l’organisation de cette mission pouvait être encore améliorée », écrit le gouvernement dans son communiqué, souhaitant « donner suite aux recommandations du rapport de M. Besson-Moreau », issu de la commission d’enquête parlementaire chargée de tirer les enseignements de l’affaire Lactalis, ainsi qu’à celles de la Cour des Comptes dans son dernier rapport public sur l’organisation des contrôles.

« Améliorer l’organisation du contrôle »

« C’est pourquoi le gouvernement souhaite que soient approfondies les voies permettant d’améliorer l’organisation du contrôle de la sécurité sanitaire, en particulier au regard de critères d’efficacité et d’efficience, de clarté et de lisibilité, en lançant une mission interinspection dont le rapport devra être remis à l’été », annonce le gouvernement.

La commission d’enquête de l’affaire Lactalis avait, dans un rapport rendu public en juillet 2018, demandé que l’État mette fin à la « guerre des polices » en matière de contrôle de la sécurité alimentaire relevant de plusieurs ministères et crée une autorité unique, transférée au ministère de l’Agriculture, parmi ses recommandations.

« Une armée mexicaine » à encadrer

La commission parlementaire avait dénoncé une « armée mexicaine » avec trois ministères impliqués : la Santé, Bercy et l’Agriculture. Plus récemment, en février 2019, la Cour des comptes avait renchéri, pointant du doigt la « gouvernance complexe de la politique de sécurité sanitaire de l’alimentation », et réclamé notamment une « clarification passant par la désignation d’un chef de file au niveau central ».

Lors de son audition devant la commission d’enquête de l’affaire Lactalis, le ministre de l’Économie Bruno Le Maire s’était dit « opposé » à toute idée de rassemblement de la Direction générale de l’alimentation (DGAL) et de la Direction de la répression des fraudes (DGCCRF), tout en réclamant l’établissement d’une « chaîne hiérarchique » unifiée sous le contrôle de Bercy en cas de crise.

AFP