L’aide au répit est le nouveau dispositif proposé par la Mutualité sociale agricole (MSA) aux agriculteurs en situation d’épuisement professionnel. Or, en seulement quatre mois, depuis sa mise en place en février à la fin de mai 2017, 600 agriculteurs ont obtenu ce soutien, selon la MSA.

Les caisses les plus concernées par le dispositif sont la MSA Midi-Pyrénées Nord, la MSA Alpes Vaucluse, la MSA Armorique, la MSA Ardèche Drôme Loire, la MSA Bourgogne, la MSA Midi-Pyrénées sud et la MSA Alpes du Nord. Et selon des estimations de l’organisme de protection sociale, plus de mille nouveaux bénéficiaires potentiels ont déjà été détectés.

La moitié des agriculteurs sous les 350 € par mois

Un constat à mettre en lien avec les crises successives auxquelles les agriculteurs doivent faire face. En 2015, un tiers des agriculteurs a gagné moins de 350 € par mois. La MSA craint que le seuil fatidique de 50 % ne soit franchi en 2016, a indiqué le 22 juin 2017 son président, Pascal Cormery, en marge de l’assemblée générale de la MSA.

L’aide au répit est un soutien exceptionnel, mis en place pour l’année 2017, dans le cadre du pacte de consolidation de l’agriculture d’octobre 2016. Il s’appuie sur une enveloppe exceptionnelle de 4 millions d’euros, débloquée par l’État pour les aides au remplacement, et financée, via son Fonds national d’action sociale (FNAS), pour les actions d’accompagnement. 4 000 exploitants devraient pouvoir en bénéficier.

Une prise en charge sur 7 jours

L’aide au répit prévoit de financer le remplacement, sur son exploitation, d’un agriculteur en situation d’épuisement professionnel, durant sept jours. Elle peut exceptionnellement être portée à dix jours pour certains projets, et être renouvelée, selon les situations.

Cette prise en charge vient en appui à un dispositif plus large imaginé par la MSA, qui prévoit en plus un accompagnement de l’exploitant et de sa famille, qu’il définit avec un travailleur social. Il peut choisir de partir en vacances avec toute sa famille, de participer à un groupe de parole entre pairs, de réaliser des travaux dans sa maison d’habitation, de recourir à des consultations psychologiques individuelles…

Pour bénéficier de l’aide au répit, l’exploitant doit être en mesure de produire un certificat établi par un médecin ou, le cas échéant, d’une évaluation d’un travailleur social de la MSA attestant de son épuisement professionnel.

Rosanne Aries