Cette « transition », il l’illustre, par exemple, par son intention de « se tourner vers une agriculture sans pesticide ». Bien qu’il soit conscient que « ça ne se fera pas du jour au lendemain », le candidat veut « supprimer la dépendance des agriculteurs aux firmes de produits chimiques en s’appuyant sur la recherche publique ». Il veut également revoir le modèle des filières et la distribution de la valeur ajoutée. Un parti pris qui suscite quelques inquiétudes dans la profession.

Au grand oral de la FNSEA fin mars

Lors d’une rencontre à huis clos improvisée sur le stand des chambres d’agricultures, Claude Cochonneau, le président de l’APCA, l’a alerté sur la nécessité de « respecter le travail en cours » dans les chambres et de « ne pas tout inverser du jour au lendemain. Benoît Hamon m’a affirmé que ce n’était pas son intention », a-t-il fait savoir, quelques minutes plus tard. Le candidat socialiste aura eu lui aussi droit au document retraçant les 31 propositions des chambres en vue de la présidentielle.

Autre passage, plus rapide, à la MSA. L’occasion pour son président, Pascal Cormery, de réclamer un rendez-vous de travail avec ses équipes dans la foulée du salon, pour aborder les affaires sociales. Puis benoît Hamon a rendu visite aux syndicats. Premier arrêt à la FNSEA où il a été sensible aux questions d’emploi et de recrutement et a même « appris des choses » selon Christiane Lambert, présidente du syndicat. Elle a insisté auprès du candidat sur la nécessité de ne pas faire de surtransposition et l’a trouvé très à l’écoute sur ce point. Il participera également au grand oral organisé par la FNSEA à Brest.

Davantage de régulation dans la Pac

Du côté de la Coordination rurale, des points d’accord ont été trouvés autour de la régulation et du besoin de réinjecter ce type de mécanisme dans la Pac. Sur le stand de la confédération paysanne où Benoît Hamon s’est arrêté plus longtemps, il a aussi été question de régulation et de tourner le dos au modèle productiviste. « On a senti un projet cohérent dans la suite de Stéphane Le Foll mais en plus poussé », a commenté Laurent Pinatel, le porte-parole du syndicat.

T.D. et A.C.