+17 % : depuis 2003, le nombre de groupements d’employeurs (GE) ne cesse de progresser. L’engouement pour l’emploi partagé s’est même accentué ces dernières années avec la crise du lait, observe Philippe Faucon, nouveau président de la Fédération nationale des groupements d’employeurs agricoles et ruraux (FNGEAR) qui note une augmentation de 3 % du nombre de GE de 2013 à 2016.

« Des exploitants laitiers qui avaient un salarié à plein temps ont été mis au pied du mur en pleine crise laitière… En clair, un salarié, ça ne passait plus. Alors nombre d’entre eux ont choisi de recourir à de l’emploi partagé pour conserver leur salarié sur un deux tiers de temps plein le plus souvent. Et le tiers restant était mis à disposition d’autres employeurs. Le nombre de groupements a ainsi explosé. »

Les éleveurs et les Gaec en demande

Les régions de l’Ouest sont aujourd’hui celles qui regroupent le plus grand nombre de GE agricoles et ruraux. Plus de 350 sont enregistrés respectivement en Aquitaine, en Bretagne, dans les Pays de la Loire et dans la Région Centre. Au total, 3 827 sont répertoriés à l’échelle nationale en 2016. « Ce sont les régions céréalières qui ont le moins recours à l’emploi partagé », note Philippe Faucon.

Les départs à la retraite ont également favorisé le développement des GE : « Le cas le plus courant concerne un enfant au sein d’un Gaec avec son père ou sa mère, qui part à la retraite. Un peu court en main-d’œuvre, il se montre intéressé pour reprendre un tiers de salarié. »

Le mouton à 5 pattes reste une légende

Si l’emploi partagé apporte de la souplesse dans la gestion de l’exploitation, l’engagement au sein d’un GE se construit. « La souplesse doit en effet aller dans les deux sens, poursuit Philippe Faucon, à la tête d’un GE dans la Manche. L’approche doit un peu changer de la part de nos adhérents. Au lieu de prendre un salarié qui fait tout et qui souvent ne va pas convenir pour tout, il peut être intéressant de choisir un salarié par tâche. »

Au bout de quatre, cinq ans, un salarié novice se révèle alors plus opérationnel. Il devient susceptible de passer d’une tâche à l’autre et même de devenir cadre ou chef d’élevage. Mais pour ce faire, il faut prendre le temps de la formation. « C’est un enjeu pour nous, on a vraiment besoin de ce type de salariés avec l’agrandissement des exploitations, mais ça ne peut pas se faire en un claquement de doigts. »

Rapprochement

Créée il y a trente ans par la FNSEA, l’Unep (Entrepreneurs du paysage), les EDT (Entrepreneurs du territoire) et la FNCuma, la FNGEAR, présente dans quasi tous les départements, a ouvert en 2017 son conseil d’administration à Jeunes Agriculteurs. En charge, de son côté, du service de remplacement (SR), JA réfléchit à l’heure actuelle avec la FNSEA à une « collaboration » plus étroite entre SR et GE, sous une même bannière de l’emploi partagé.

Rosanne Aries