Les réactions ne se sont pas faites attendre, suite à la publication par l’Insee, le 18 décembre, des comptes prévisionnels de l’agriculture annonçant une hausse de la valeur ajoutée brute comprenant les subventions (1) par actif non salarié de 6,7 % et une progression de 18,3 % du revenu par actif non salarié (2) pour la branche agricole (3).
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Les réactions ne se sont pas faites attendre, suite à la publication par l’Insee, le 18 décembre, des comptes prévisionnels de l’agriculture annonçant une hausse de la valeur ajoutée brute comprenant les subventions (1) par actif non salarié de 6,7 % et une progression de 18,3 % du revenu par actif non salarié (2) pour la branche agricole (3).

Des craintes pour 2019

Claude Cochonneau, président des chambres d’agriculture estime qu’en dépit de la hausse du revenu prévue par l’Insee, les agriculteurs risquent d’avoir un ressenti différent. Le président des chambres craint que l’impact de la sécheresse ainsi que la remise en cause des exonérations de charges sur l’emploi salarié grèvent le résultat agricole de 2019.

La FNSEA déplore une réalité très différente derrière la hausse affichée des résultats prévisionnels de 2018. « Le rattrapage de certains vient masquer les autres variations, avec des filières qui sont particulièrement affectées, déclare le syndicat. Il est majeur de redonner des perspectives et des signaux positifs ».

Des précisions sont nécessaires

Pour la Confédération paysanne, il faut des précisions. « Les chiffres présentés sont des moyennes qui ne signifient pas grand-chose puisqu’on ne peut pas entrer dans le détail des situations ». Le syndicat déplore qu’il faille attendre juillet 2019 pour avoir des chiffres détaillés par production et l’absence de résultat par orientation technico-économique des exploitations (OTEX) et par taille. « La commission des comptes de l’Agriculture peine à atteindre l’objectif qui lui est assigné : être un instrument d’évaluation et de pilotage des politiques publiques », clame la Confédération paysanne.

« Il est clair qu’après la chute abyssale des revenus de 2016 et malgré les légères hausses de 2017 et de cette année, les comptes des agriculteurs ne se relèvent toujours pas », déplore la Coordination rurale. Le syndicat estime que la hausse apparente ne doit pas cacher les difficultés. La Coordination rurale demande des solutions concrètes. « Il est temps d’établir des prix rémunérateurs en protégeant l’agriculture européenne des importations prédatrices », ajoute-t-elle.

Marie Salset

(1) Valeur ajoutée brute au coût des facteurs : production + subventions – impôts fonciers et autres impôts sur la production – consommations intermédiaires.

(2) Le revenu agricole tel qu’il est calculé ici correspond à : valeur ajoutée brute au coût des facteurs (1) – consommation de capital fixe (qui correspond aux amortissements en comptabilité privée) – rémunération des salariés – intérêts – charges locatives.

(3) La branche agricole comprend l’ensemble des exploitations agricoles (de grandes à très petites), ETA, Cuma et lycées agricoles.