La Fédération nationale des marchés a saisi le Conseil d’État d’un référé pour contester la fermeture des marchés de primeurs décidée par le gouvernement pour freiner la propagation du coronavirus Covid-19, a appris l’AFP ce jeudi 26 mars 2020.

Des organismes professionnels s’associent à la requête

« On part du principe que les commerçants des marchés seraient moins capables de respecter les gestes barrières que ceux des grandes surfaces, alors qu’ils mettent tout en œuvre pour assurer la sécurité de leur clientèle », a commenté maître David Dokhan, qui plaidera l’affaire pour la Fédération nationale des marchés.

Cette requête est soutenue par plusieurs organismes professionnels : la CPME, Saveurs Commerce (une fédération de syndicats de primeurs), la Fédération des fromagers de France, l’Organisation des poissonniers écaillers de France et la Confédération des commerçants de France.

Le Conseil d’État se prononcera sur la requête la semaine prochaine, selon maître Dokhan. Le délai de cette procédure en référé-liberté devant la plus haute juridiction administrative étant un peu allongé dans le contexte de l’épidémie.

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Un « protocole de bonnes pratiques »

La décision du gouvernement de fermer dès mardi les marchés de plein air répondait à la demande de nombreux médecins d’imposer des dispositions plus strictes face à la pandémie. Mais elle a suscité une vague de protestations parmi les acteurs du secteur. Les trois principaux syndicats agricoles ont notamment dénoncé la mesure.

L’exécutif a toutefois laissé la porte ouverte aux dérogations, notamment lorsque le marché est « le seul » moyen d’avoir « accès à des produits frais ».

Plusieurs ministères et organismes représentant les acteurs du secteur concerné ont commencé un « travail conjoint » afin d’établir un « protocole de bonnes pratiques pour les marchés » afin de « sécuriser les flux » et inciter les maires à « plaider auprès du préfet l’ouverture de tel ou tel marché », selon Bercy.

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Avec l’AFP