Alors que la FNSEA se félicite du « travail considérable » accompli par les filières pour rendre dans les temps les plans réclamés par le gouvernement, les syndicats minoritaires voient rouge.

« Outils sclérosés »

« Sans surprise, les plans de filières des interprofessions ont été inégaux et surtout n’ont fait aucun véritable lien avec les travaux du second chantier des États-généraux de l’alimentation », dénonce la Confédération paysanne, dans une lettre ouverte du 19 décembre 2017.

Pour elle, « la politique agricole et alimentaire ne peut être laissée aux mains des seules interprofessions. Une alimentation durable ne se fera pas en donnant les clés à Lactalis, Bigard, Avril, Leclerc, Carrefour… »

Et Laurent Pinatel, porte-parole du syndicat, de tacler dans ce courrier le rôle des interprofessions, « ces outils sclérosés » dans lesquels « le pluralisme syndical est le plus souvent bafoué, la rémunération paysanne mise à l’écart et les attentes sociétales décrédibilisées ».

La rémunération des producteurs occultée

La Coordination rurale (CR) regrette de son côté que « la plupart des plans de filières (notamment pour les betteraves, grandes cultures, semences, porcs, palmipèdes…) occultent totalement la rémunération des producteurs ».

« Au contraire, indique-t-elle dans son communiqué du 19 décembre, les échanges ont au final porté sur la montée en gamme de la production impliquant plus de contraintes pour les producteurs, en oubliant totalement l’inversion de la construction des prix demandée par le président de la République. »

« Estimant qu’elles ne reflètent aucunement ses positions et ses convictions, la CR se désolidarise totalement des propositions portées par l’AIBS, Terre Univia, Intercéréales, Gnis, Inaporc et le Cifog », ajoute-t-elle.

Alain Cardinaux