Colère du Modef, à la suite de l’annonce des priorités du plan d’investissement de 5 milliards d’euros par Stéphane Travert, ministre de l’Agriculture. « Le gouvernement privilégie encore une nouvelle fois la grande distribution et les industries agroalimentaires au détriment des exploitants familiaux en débloquant une enveloppe de 1,4 milliard d’euros sous forme de « prêt aux industries agroalimentaires » avec la Banque publique d’investissement », dénonce le syndicat ce 6 mars 2018.

« La main invisible du marché »

Selon le Modef, « la main invisible du marché basé sur la concurrence libre et non faussée ne profite qu’aux entreprises de l’agroalimentaire et de la grande distribution au détriment des travailleurs de la terre ». Le Modef propose ses trois axes d’investissement, en réponse à ceux évoqués par le ministre :

  • La sécurité du revenu des paysans par des prix rémunérateurs garantis par l’État en fonction de l’évolution des coûts de production ; l’encadrement des marges de la grande distribution, des transformateurs et de l’agroalimentaire grâce au coefficient multiplicateur ; l’interdiction de la vente à perte pour les filières agricoles ; des débouchés aux produits agricoles français en obligeant les entreprises de l’agroalimentaire et de la grande distribution qui bénéficient du CICE à s’approvisionner en France.
  • L’installation agricole, un enjeu déterminant pour une politique des structures qui met un terme aux agrandissements intempestifs ; un prêt d’honneur pour l’agriculture à 0 % afin de favoriser l’installation des jeunes ; une politique d’accompagnement pour les cédants pour favoriser la transmission ; une politique de partage du foncier par la Safer avec un système de location-vente et une révision des programmes scolaires agricoles et générales afin de présenter toutes les formes d’agriculture.
  • La souveraineté alimentaire en incitant les exploitations à se diversifier, en produisant plus de protéagineux pour nourrir les élevages, en donnant des moyens financiers pour la recherche publique agronomique à hauteur des enjeux, en maintenant l’élevage français, en s’engageant dans l’agroforesterie, en développant les techniques culturales simplifiées (TCS) afin de diminuer les quantités de produits phytosanitaires, en développant l’agriculture de proximité et l’agriculture biologique à taille humaine pour répondre à la demande des consommateurs et en utilisant et en vendant les semences de ferme.

Alain Cardinaux