L’association Eau et Rivières de Bretagne a déposé plainte contre les deux plateformes de commerce en ligne. « La loi interdit depuis le 1er janvier 2019 l’achat, la détention et l’utilisation d’un grand nombre de pesticides. Il nous semble complètement anormal que cette loi soit bafouée par de grandes multinationales », tempête Dominique Le Goux, chargée de mission de l’association.

« Une délinquance environnementale »

Au printemps dernier, Amazon avait déjà retiré ces produits illégaux de la vente, alertée par Eau et Rivières de Bretagne, avant de les proposer à nouveau. L’association bretonne affirme réussi à commander « très facilement plusieurs bidons de pesticides interdits », dont certains à base de glyphosate, en octobre dernier sur les sites eBay et Amazon. Les produits venaient de vendeurs britanniques et espagnols. « À aucun moment, le consommateur ne peut se dire qu’il est en train d’acheter un produit illégal », estime Brieuc le Roch, juriste de l’association.

La vente illégale de pesticides à des particuliers est punie de deux ans d’emprisonnement et d’une amende de 300 000 euros, dont le montant peut être porté à 10 % du chiffre d’affaires moyen, selon le code rural. Pour rappel, à la suite d’une plainte d’Eau et Rivières de Bretagne, Monsanto avait été condamné pour publicité mensongère du Round Up, un herbicide alors présenté comme « biodégradable » et laissant « le sol propre ».

Produit retiré

Amazon a assuré à l’AFP demander « à tous les vendeurs de se conformer à [ses] politiques de vente » et disposer « d’équipes munies d’outils spécifiques visant à s’assurer que des produits interdits n’aient pas leur place dans [sa] boutique ». Selon la multinationale, le produit en question aurait été supprimé.

Sur eBay, « la vente illégale de pesticides est strictement interdite, affirme Delphine Dauba-

Pantanacce, responsable juridique internationale des affaires réglementaires de la plateforme. Nous supprimons toute annonce proposant des produits interdits qui nous est signalée. » Un argument loin de satisfaire Brieuc le Roch : « Ce n’est pas au citoyen de faire la police », déplore-t-il.

J.P., avec l’AFP