En effet, les retraités agricoles sont, parmi les professionnels, ceux qui touchent les plus faibles pensions et les femmes sont particulièrement pénalisées. On estime que les agricultrices touchent, pour une carrière complète, en moyenne entre 500 et 600 euros par mois, contre 850 € pour les hommes, soit un tiers de moins.
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Entre 500 et 600 € par mois

En effet, les retraités agricoles sont, parmi les professionnels, ceux qui touchent les plus faibles pensions et les femmes sont particulièrement pénalisées. On estime que les agricultrices touchent, pour une carrière complète, en moyenne entre 500 et 600 euros par mois, contre 850 € pour les hommes, soit un tiers de moins.

« L’entretien a été bref, 10 minutes environ. Mais la secrétaire d’État a été à notre écoute », témoigne Liliane Lilianne Veyssy, retraitée et secrétaire de l’ADRA, association départementale des retraités agricoles, de Dordogne. Au niveau national, cette association, l’ANRAF, revendique 30 000 adhérents (dont 5 000 en Dordogne) et est implantée en Nouvelle-Aquitaine, Occitanie, Pays de la Loire et Rhône-Alpes.

Relever le plafond : « une mesure d’égalité »

La députée Jacqueline Dubois a expliqué à Marlène Schiappa que le plafond à ne pas dépasser pour obtenir une pension minimum est différent entre le régime agricole et le régime général. « Ce serait une mesure de justice que le plafond soit le même pour tous », nous a-t-elle déclaré.

Si elle concède qu’il lui faut encore travailler l’impact financier, elle prévoit de porter cette mesure, avec la députée Nicole Le Peih, à l’occasion d’une proposition de loi traitant des retraites agricoles. Selon ses dires, le député André Chassaigne œuvrerait à nouveau à un texte pour revaloriser les retraites agricoles à 85 % du Smic.

Polypensionnés pénalisés

Dans le régime agricole, le montant minimum de retraite garanti, également appelé « pension majorée de référence », pour une carrière complète est d’environ 550 € par mois pour les conjoints et de 690 € par mois pour les chefs d’exploitation.

« Mais pour accéder à cette pension majorée de référence (PMR), il faut que l’ensemble des retraites versées à l’assuré ne dépasse pas un plafond fixé à 854 € par mois. Or, dans le régime général, ce plafond est de 1 177 euros, soit 300 euros de différence ! De nombreux polypensionnés, en particulier des femmes, sont pénalisés à cause du plafond trop bas du régime agricole. Nous demandons un alignement avec le régime général », explique Lilianne Veyssy

C’est le cas de Lilianne Veyssy. Cette ancienne agricultrice perçoit une retraite agricole de 193 euros par mois pour 22 années de travail comme conjointe d’exploitant et environ 800 euros pour avoir été employée pendant 18 ans en maison de retraite. « Comme j’atteins près de 1 000 euros avec mes deux pensions, je dépasse le plafond des 854 euros. Si le plafond de 1 177 euros m’était applicable, je pourrais bénéficier d’une majoration d’environ 80 à 100 euros », s’indigne-t-elle. La retraitée cite aussi le cas des femmes à qui on supprime la PMR, une fois devenues veuves, car elles dépassent le plafond avec la réversion de leur mari !

« Pas une aide sociale, mais une retraite digne »

« Nous demandons aussi que le minimum garanti pour les femmes soit valorisé. Il y a un écart de 140 euros par mois entre les hommes (690 euros par mois) et les femmes (550 euros par mois). Une telle différence, ce n’est pas normal ! »

Autre demande des agricultrices retraitées : un coup de pouce pour qu’elles obtiennent davantage de points gratuits de RCO (retraite complémentaire obligatoire). « Là encore, on note des différences énormes entre les hommes et les femmes : environ 30 euros attribués par mois pour les conjointes contre une centaine d’euros pour les anciens chefs d’exploitation. »

Et qu’on ne parle pas de minimum vieillesse à Lilianne Veyssy : « nous ne demandons pas une aide sociale. Nous nous battons pour obtenir une retraite digne, en reconnaissance de notre travail. »

Aurore Cœuru