« Je prépare la Pac dès maintenant ; j’ai besoin d’avoir les coudées franches, a justifié le ministre, dans une forme de léger recadrage aux céréaliers. L’ambition et l’objectif du président de la République, c’est que nous soyons à 3 % du déficit public. C’est notre sauf-conduit, c’est ce qui va faire notre garantie pour mieux négocier la Pac auprès des institutions européennes. »

Répondre aux critiques

Pourquoi s’adresser aux céréaliers ? Parce qu’ils ont critiqué la décision annoncée jeudi par Stéphane Travert de transférer des fonds du premier pilier de la Pac vers le second pilier, consacré au développement rural, aux zones de montagne, à l’installation des jeunes agriculteurs et à l’agriculture bio, afin d’honorer les engagements du précédent gouvernement dans ce domaine.

« Il a fallu faire des choix face à des impasses budgétaires », a poursuivi le ministre, à la fête de la moisson, dans une exploitation céréalière à Arville. « Des engagements avaient été pris et je ne voulais pas me retrouver à faire des choix qui auraient conduit à prendre des décisions encore plus dures, plus difficiles pour tous nos modèles agricoles en attendant et en ayant la stratégie de l’autruche. »

« Je prends mes responsabilités »

Stéphane Travert a aussi battu en brèche les critiques des agriculteurs bio, qui ont jugé les transferts de fonds insuffisants pour soutenir leur secteur. La Fnab a parlé de « jeudi noir » pour l’agriculture biologique. « Je solde les comptes des impasses budgétaires et je prends mes responsabilités », a déclaré le ministre, un peu énervé.

« Je sais ce qu’il peut en coûter à la filière bio, a-t-il déclaré. Je sais ce qu’il se dit et il se dit souvent n’importe quoi. Non, nous ne supprimons pas l’aide à la conversion ; non, nous ne supprimons pas les aides à la bio », a-t-il ajouté, se posant en garant des engagements pris en 2013 par François Hollande, à Cournon, sur le financement des Feader, des politiques bio.

« Ne pas opposer les modèles agricoles »

Avant de prendre les commandes d’une moissonneuse-batteuse, sous l’œil attentif du patron de la Fédération des oléoprotéagineux (Fop) Arnaud Rousseau, le ministre avait plaidé devant quelques producteurs et éleveurs pour « ne pas opposer les modèles agricoles » qui « se complètent », avant de conclure : « Je suis à vos ordres. »

AFP