« La nourriture pour l’avenir – l’avenir de la nourriture ». Tel est l’intitulé du document de travail de la présidence néerlandaise de l’UE (Union européenne) qui a servi de base aux discussions du Conseil informel de l’Agriculture à Amsterdam les 30 et 31 mai 2016 sur la Pac post-2020. Dans un contexte de mondialisation de la nourriture et pour répondre à la préoccupation des consommateurs à travers le monde de manger plus et mieux, les Pays-Bas prônent une Pac beaucoup plus libérale et axée sur la demande plutôt que sur l’offre comme actuellement.

« Il faut donner la liberté aux agriculteurs de devenir des entrepreneurs, pour innover et être compétitifs sur les marchés européens et internationaux. » La présidence souhaite ainsi amplifier l’orientation de marché donnée à la Pac par la réforme de 2013. « Les agriculteurs doivent gagner leur revenu sur le marché », insiste le document. La présidence néerlandaise précise, par exemple, qu’il faudra renforcer la position des agriculteurs dans la chaîne alimentaire.

Préserver l’emploi dans les territoires

La présidence souhaite aussi poursuivre l’autre versant de la Pac : celui qui apporte des réponses à un certain nombre de demandes sociétales comme l’alimentation locale, la sécurité alimentaire, la protection de l’environnement ou encore le climat… « Dans de grandes parties de l’UE, les petites et moyennes exploitations – familiales – ont une fonction importante au regard du paysage, de l’aménagement du territoire, du maintien de la biodiversité […]. Le maintien, ou quand c’est possible, l’accroissement de l’emploi et de la valeur ajoutée économique sont vitaux en milieu rural. »

Pour cela, la présidence néerlandaise veut simplifier la Pac, lever les barrières réglementaires et administratives et surtout, innover, notamment en matière de génétique, de traçabilité ou de big data. Pour structurer la discussion avec les ministres européens, elle a proposé d’aborder l’avenir de la Pac en six questions :

– La Pac ne devrait-elle pas être élargie à une politique agricole et alimentaire commune ?

– Une part substantielle des fonds agricole ne devrait-elle pas être consacrée à l’innovation ?

– Devons-nous augmenter la durabilité de la Pac en renforçant son volet environnemental en couplant une large part des paiements à des objectifs climatiques ?

– Ne faudrait-il pas revenir à une Pac fournissant un filet de sécurité fondé sur les prix des produits plutôt que le revenu agricole ? Comment les agriculteurs peuvent-ils être mieux armés pour améliorer leur position dans la chaîne alimentaire ?

– Comment un soutien au revenu peut-il être transformé en soutien à la réalisation d’enjeu de société ?

– Comment les efforts des pays développés à ouvrir leurs marchés peuvent mieux aider ces pays dans leur développement ?

A la lecture du document de travail de la Présidence néerlandaise, on a dû mal à trouver des objectifs communs avec la France, sauf peut-être que la Pac est pilier de la coopération européenne et qu’elle doit le rester.

Arielle Delest