Dans un courrier adressé à Édouard Philippe, le député de La Réunion David Lorion (LR) insiste auprès du gouvernement sur la nécessité de défendre le programme d’aides européennes agricoles spécifiques aux Outre-mer.

La Commission européenne a fait part, le 1er juin 2018, de son intention de baisser de 3,9 % les aides directes de la Pac, et donc de réduire du même taux le budget accordé au Programme d’option spécifique à l’éloignement et à l’insularité (POSEI), la déclinaison de la Pac pour les Outre-mer.

Or, « ce mécanisme vital permet de compléter, de garantir dans les différentes filières organisées, le revenu des producteurs locaux », souligne le parlementaire.

La Réunion. © R. Aries/GFA

Junker recule

« Cette annonce est incompréhensible tant elle est contraire aux annonces faites le 27 octobre dernier par le président Jean-Claude Junker, qui s’était engagé, en Guyane devant le président Macron à poursuivre le POSEI pour l’agriculture et à ne pas le réduire », insiste-t-il. Jean-Claude Junker avait alors déclaré : « Nous allons poursuivre les POSEI pour l’agriculture. Je ne compte pas les réduire et les corriger vers le bas ».

Pour David Lorion, « la France doit tout entreprendre pour qu’il y ait un maintien de l’enveloppe agricole consacrée aux Régions ultrapériphériques (RUP) » (nom donné aux Outre-mer par l’Union européenne). Faute de quoi, « les conséquences seraient dramatiques » pour « le développement de la production locale », « les filières exportatrices et la sécurité alimentaire », écrit-il encore.

Une menace pour la survie des exploitants ultramarins

Le POSEI est distinct de la politique continentale agricole. Il est « adapté pour permettre le développement d’une production agricole et agro-industrielle locale en butte à la concurrence féroce des importations, ainsi que d’une production exportatrice », souligne la Fédération des entreprises d’outre-mer (Fedom), dans sa lettre hebdomadaire.

Outre une « chute de la production locale, sur le plan quantitatif et qualitatif », la Fedom estime que la baisse du POSEI entraînera une « menace pour la survie des agriculteurs » et « des entreprises agroalimentaires qui constituent le cœur du réacteur industriel dans les RUP ».

R.A. avec l’AFP