« La Pac n’est pas adaptée au contexte actuel de mondialisation et surtout elle ne répond plus aux besoins des agriculteurs », c’est le constat posé par Jean-Marie Séronie (1), en ouverture d’un débat, organisé le 26 septembre, par le think-tank Agridées.
Contenu réservé aux abonnés de La France Agricole
pour vous connecter et poursuivre la lecture
18%

Vous avez parcouru 18% de l'article

Poursuivez la lecture de cet article
en profitant d’1 mois de découverte à La France Agricole
(Offre sans engagement, réservée aux personnes non abonnées)
  • > Accédez à tous les articles
  • > Recevez les 2 newsletters
  • > Recevez 4 numéros chez vous
J'en profite !

« La Pac n’est pas adaptée au contexte actuel de mondialisation et surtout elle ne répond plus aux besoins des agriculteurs », c’est le constat posé par Jean-Marie Séronie (1), en ouverture d’un débat, organisé le 26 septembre, par le think-tank Agridées.

Des approches très différentes de la gestion des risques

Les principes protectionnistes de la Pac ne correspondent plus à la réalité des marchés mondiaux. « La gestion des risques devrait être un pilier du volet économique de la prochaine Pac », estime Jean-Marie Séronie. Mais les différents États membres de l’Union européenne ont des approches très différentes concernant la gestion des risques et les négociations sont complexes.

En Espagne, par exemple, l’État a mis en place une politique de gestion des risques forte. Alors qu’en France, seules 25 % des surfaces sont assurées contre les risques climatiques. « On est face à un problème culturel », souligne Jean-Marie Séronie. Un autre frein est la frilosité de la Commission quant aux systèmes assuranciels, qui sont accusés d’entretenir les assureurs.

Accompagner la transition verte

Depuis 1992, la Pac s’est considérablement complexifiée. Ses objectifs sont multiples. « Elle est de moins en moins lisible pour le grand public et même pour les agriculteurs, s’inquiète Jean-Marie Séronie. Arrêtons de verdir les soutiens directs pour qu’ils soient socialement acceptables. Il faut que la Pac aille progressivement vers des soutiens à la réorientation économique et environnementale. »

Jean-Marie Séronie prône la mise en place d’un accompagnement de la transition des entreprises agricoles et des soutiens qui prennent davantage en compte les actifs. La Commission a d’ailleurs fait des propositions dans ce sens.

Une vision parallèle Macron/Hogan

« Je vois un fort parallèle entre la politique agricole d’Emmanuel Macron, qui demande aux filières de mieux se structurer et celle de Phil Hogan qui propose aux États de mettre en place des plans stratégiques régionalisés », analyse Jean-Marie Séronie. Et d’estimer que la France est un des acteurs de la renationalisation de la Pac et que nous allons vers une Pac concertée et moins commune, à l’image des autres politiques de l’Union européenne.

Mais selon l’agroéconomiste, « nous ne sommes pas dans une situation permettant de faire une vraie réforme ». Et l’échéance de négociations menées avant les élections européennes, au printemps 2019, paraît de plus en plus difficile à tenir. De plus, au-delà des vœux pieux exigeant un maintien du budget de la Pac, les différents acteurs n’ont pour l’instant pas formulé de réelles propositions concrètes sur le fond.

Marie Salset

(1) Il est l’auteur d’un livre intitulé Pac et mondialisation : une politique européenne encore commune ?, aux éditions Quae