À l’occasion du conseil des ministres européens de l’Agriculture qui se tient ce lundi 16 avril 2018 à Bruxelles, une cinquantaine d’organisations allemandes et françaises (1) ont interpellé leurs ministres respectifs chargés de l’Agriculture et de l’Environnement pour réclamer une Pac « plus juste, durable et solidaire ».

Composées chacune d’organisations paysannes, de protection de la nature et/ou du bien-être animal, de solidarité internationale et de consommateurs, ces deux plates-formes plaident pour une « réforme en profondeur de la Pac » après 2020.

Des services concrets

Selon elles, l’argent public doit rémunérer les paysans « pour des services concrets répondant aux attentes de la société ». Ces services concernent aussi bien la « fourniture d’une alimentation saine et durable accessible à tous » que la « restauration de la biodiversité », la « lutte contre les changements climatiques » et la création d’emplois.

Le tout vise à « créer des territoires vivants et soutenables » avec une mention spéciale pour les territoires défavorisés et pour l’agriculture biologique. Pour eux, le budget de la Pac doit être cohérent, et ne pas être calculé « comme une simple compensation de manques à gagner pour les paysans ; au contraire [il] doit se traduire par une vraie plus-value pour leurs revenus ».

Prévenir les risques plutôt que s’assurer

A contrario, les deux plates-formes estiment que les assurances individuelles privées ne devraient pas être financées par de l’argent public. À la place, davantage de moyens doivent être mis en œuvre pour accompagner les paysans dans des stratégies de réduction des risques, « par exemple via la diversification des fermes et des territoires, des mesures d’incitation à l’adaptation et l’atténuation des changements climatiques, à la protection des sols, de l’eau et de la biodiversité, ainsi qu’une répartition de la valeur plus juste au profit des producteurs ».

Le plaidoyer franco-allemand remet aussi en cause l’orientation marquée vers l’exportation de la Pac pour ses conséquences négatives sur la volatilité des prix en Europe et pour ses conséquences néfastes sur le développement des agricultures du Sud.

B.L.

(1) La plate-forme française « Pour une autre Pac » réunit une trentaine d’organisations. Retrouvez un article sur leurs revendications.