Coprésidents du groupe de suivi du Sénat sur l’avenir de la Pac, les sénateurs (LR) Sophie Primas et Jean Bizet s’inquiètent de la tournure que semblent prendre les négociations sur le budget européen. Dans un communiqué du 8 février 2018, ils alertent sur la nécessité de ne pas « baisser la garde » au risque de se retrouver avec une « Pac au rabais ».

Trouver 25 milliards

L’enjeu, rappellent-ils, consiste à trouver environ 25 milliards par an pour compenser l’impact du Brexit et financer les nouvelles priorités européennes. « Dès lors, la tentation est grande de chercher à réaliser des coupes sombres dans les budgets de la Pac et de la politique de cohésion », constatent les deux sénateurs, qui « ne se résignent nullement à subir une réforme ainsi conçue ».

« Cette politique est non seulement fondatrice de l’Union européenne, mais également un enjeu stratégique de premier ordre, soulignent-ils. Ce qu’ont d’ailleurs parfaitement compris nos grands partenaires commerciaux (États-Unis, Chine, Brésil, Inde) qui ont tous accru leur effort budgétaire dans ce domaine, depuis la fin des années 2000. »

Une erreur stratégique

« Depuis 1962, les autorités françaises ont toujours fermement défendu la Pac et son budget. Renoncer aujourd’hui à cette ambition serait, tout à la fois, une rupture historique, une erreur économique, ainsi qu’un non-sens stratégique, non seulement pour nos agriculteurs, mais pour notre pays en général », assène Jean Bizet.

Citant des propos récemment prêtés, dans la presse germanophone, au commissaire européen au Budget, envisageant de réduire de 5 % à 10 % les moyens alloués à la Pac et aux fonds de cohésion, les sénateurs jugent qu’« une réduction de cette ampleur ne pourrait pas être supportée par notre agriculture ».

Une telle orientation serait également explicitement contraire à la résolution du Sénat adoptée le 8 septembre 2017, dans laquelle les élus mettaient « en garde contre le risque qui consisterait, à l’avenir, à considérer la politique agricole commune comme la variable d’ajustement du budget de l’Union ».