« Mettre l’innovation au service de l’homme, et l’homme au cœur de nos projets », tel est le mot d’ordre lancé par Xavier Beulin pour la troisième édition du forum Open Agrifood, qui s’est ouvert ce mercredi 16 novembre 2016, à Orléans (Loiret). Les différents maillons de la chaîne agroalimentaire s’y sont retrouvés pour analyser les nouvelles attentes environnementales et sociétales des consommateurs et réfléchir aux meilleures réponses à y apporter. Plus de 2 000 personnes sont attendues, dont de nombreux étudiants en écoles d’ingénieurs, futurs décideurs du secteur.

Un système en bout de course

Pour Emmanuel Vasseneix, vice-président de l’événement, « nous sommes arrivés au bout d’un système. Nous le répétons à chaque réunion, mais le mûr se rapproche ». Mais comment redonner du sens à des filières agroalimentaires qui n’ont jamais suscité autant de craintes et de critiques qu’aujourd’hui ? « En adoptant une posture de différenciation pour que le prix ne soit plus la seule variable d’ajustement », répond Emmanuel Vasseneix.

Parmi les pistes envisagées au cours de la journée : les innovations en termes de RSE (responsabilité sociale et environnementale des entreprises), le travail en réseau, la communication – interne et externe – à l’heure du numérique… « Il faut donner un autre sens qu’uniquement économique à la réalité de l’entreprise », assure-t-il.

Les acteurs traditionnels le reconnaissent : le défi semble plus facile à relever en partant de zéro, en lançant une nouvelle marque par exemple, à l’image de « La marque du consommateur », qui connaît un franc succès dans le secteur laitier. Cette dernière s’est donnée pour objectif de rapprocher producteurs et buveurs de lait, en rémunérant mieux les premiers tout en restant accessible aux seconds.

Pas de quoi décourager les nombreux intervenants qui, à la tête de jeunes start-ups ou membres de grands groupes internationaux, représentants du commerce équitable ou de démarches coopératives, ont témoigné de leurs efforts dans leurs missions respectives. Preuve, selon eux, de la possibilité d’un nouveau monde.

Contre-événement

À l’extérieur, un groupe bruyant ne semblait pas partager leur optimisme. Comme chaque année, la Confédération paysanne du Loiret a organisé un contre-événement en marge des conférences pour dénoncer le « green washing » à l’œuvre dans ce forum. « Open Agrifood reprend nos valeurs et nos idées, mais nous n’avons pas la même vision de l’agriculture, ont insisté les manifestants, craignant une industrialisation des process. La France peut produire avec moins de 100 000 agriculteurs, mais ça n’est pas notre route. Nous choisissons l’agriculture écologique comme alternative à l’agriculture industrielle. L’innovation, c’est nous ! »

© A. Cardinaux/GFA

La Confédération paysanne aura surtout innové cette année en proposant un forum alternatif sur trois jours, avec l’appui d’élus régionaux. Au programme : témoignages de producteurs biologiques, conférences sur la « transition écologique », débats sur les accords de libre-échange… Autant de thèmes non abordés au cours de l’Open Agrifood.

Alain Cardinaux