« Déçu par la méthode et 6 rapports annuels à l’eau tiède, je présente ma candidature à la présidence de l’Observatoire des marges et des prix. » C’est ainsi qu’Olivier Mevel, enseignant-chercheur, maître de conférences à l’Université de Bretagne occidentale et consultant en marketing des filières alimentaires, a annoncé sur Twitter, le 23 mars 2017, son intention de reprendre les rênes de cette institution publique.

Le ministère de l’Agriculture a en effet lancé à la mi-février un appel à candidature pour renouveler la présidence de l’Observatoire, assurée depuis 2010 par l’économiste Philippe Chalmin. Spécialiste des marchés des matières premières, ce dernier s’est porté candidat à sa propre succession. Ce qui promet un beau duel.

« Proposer une réflexion différente aux filières »

Les deux hommes se sont souvent écharpés, en particulier sur la méthodologie observée dans les rapports annuels de l’Observatoire, Olivier Mevel allant jusqu’à dénoncer des résultats « plus que douteux », voire un « mensonge » véhiculé sur les faibles marges des distributeurs.

« J’ai postulé à la demande de plusieurs personnes de la production agricole ou des coopératives. Je pense comme elles que cet Observatoire ne fonctionne pas bien. Selon mes calculs, les marges de la distribution frisent les 30 % tandis que le producteur n’a presque rien. Les chiffres de l’Observatoire ne traduisent pas ces réalités », a-t-il confié à nos confrères de L’Éleveur laitier, dans l’édition à paraître en avril 2017.

Son objectif : « aboutir à une méthode consensuelle fondée sur une analyse contradictoire ». En d’autres termes, ne plus se contenter des seules données fournies par la Fédération du commerce et de l’industrie (FCD). « Un changement de président doit être l’occasion de proposer une réflexion différente aux filières », a-t-il encore avancé sur Twitter.

Décision cet été

Avant lui, la Confédération paysanne a aussi proposé sa candidature pour tenter de secouer le cocotier des données et statistiques. Le syndicat ne doit cependant pas se faire d’illusions, puisque l’appel à candidature stipule bien la recherche d’un « universitaire de haut niveau dont les travaux témoignent d’un intérêt majeur pour le fonctionnement des marchés de matières premières »…

La décision devrait tomber cet été, peut-être en juillet. Donc après la présidentielle. Il reviendra au futur ministre de l’Agriculture et celui en charge de la consommation de choisir le nouveau président de l’Observatoire, ouvrant la voie, ou non, à de nouvelles orientations pour les trois ans à venir.

Alain Cardinaux