L’esprit des États-généraux de l’alimentation soufflera-t-il sur les prochaines négociations commerciales ? Dans un communiqué du 19 octobre 2017, la Feef (Fédération des entreprises et entrepreneurs de France), qui représente les fournisseurs PME de la distribution, espère « que les promesses des acteurs d’un changement global de philosophie vont se traduire concrètement, par les actes, dans le box ».

Tarif obligatoire plutôt que SRP

Pour les y aider, la Feef préconise de rendre obligatoire l’application du tarif fournisseur auprès des distributeurs, dans les trois mois après son envoi. « La proposition du président de la République d’inverser le mécanisme de construction des prix, en partant des coûts de production de l’agriculteur, est une mesure qui va dans le bon sens. Néanmoins, celle-ci ne pourra être que réellement profitable aux exploitants agricoles à condition que les transformateurs puissent passer leur tarif auprès des distributeurs, justifie-t-elle.

Et d’ajouter que, selon elle, « l’application du tarif est le seul moyen de répercuter immédiatement les fluctuations des produits agricoles et donc de revaloriser le revenu des agriculteurs et de renforcer les PME. Contrairement au relèvement du SRP (Seuil de revente à perte) qui n’apporte aucune réponse concrète en la matière.

Les PME réclament par ailleurs un traitement différencié, selon les acteurs, « pour traiter avec discernement les différentes familles de fournisseurs, grands groupes et PME. […] En effet, c’est par cette démarche plus fine qu’on peut tirer parti de la diversité souhaitée par les consommateurs. C’est le fondement même de la différenciation commerciale et de la création de valeur ».

Alain Cardinaux