« J’ai rencontré tout le monde […] et je leur ai dit : si les négociations commerciales cette année se passent comme l’année dernière, c’est la fin pour beaucoup d’exploitations agricoles et pour certaines filières », a-t-il déclaré ce 19 janvier 2019 lors de la conférence de presse de présentation du Salon de l’agriculture.

Un ministre qui « dépasse [son] rôle »

« J’ai dit que je ne laisserais pas faire et je dépasse mon rôle de ministre, mais je le fais, comme ministre, pour forcer les choses, a-t-il clamé. Je suis prêt à affronter le débat. Je l’ai dit à deux grands patrons assez connus qui ont tendance à faire de la publicité dans la presse sur le prix du Nutella ou du Coca-Cola. »

« Très bien ! poursuit Didier guillaume. Mais moi je vais faire de la publicité aussi, des campagnes de presse pour dire à combien part un kilo de bœuf, un kilo de porc, ou un litre de lait. Je n’ai aucun problème pour dire que quand il y a des promos où le bio est moins cher que le conventionnel, ça ne peut pas durer. »

Le médiateur comme menace

Le ministre a précisé qu’il reverrait tous les acteurs des négociations dans les 10 jours « parce qu’au 31 janvier j’appelle officiellement le médiateur des négociations commerciales à faire son office », si les négociations n’ont pas avancé. Et d’appeler ces acteurs à « mettre en application ce qu’ils ont décidé » lors des États-généraux de l’alimentation : « mieux répartir la richesse et la valeur ».

« Après toutes ces années où à minuit moins le quart le dernier jour sur les parkings de supermarchés il y a une pression terrible pour faire les dernières signatures, j’ai dit que je ne l’accepterai pas cette année et je le dénoncerai publiquement », a assuré le ministre qui dit avoir demandé à la répression des fraudes de « faire votre office », c’est-à-dire des contrôles.

Didier Guillaume s’est cependant déclaré « optimiste » : « C’est la première fois qu’autant de contrats ont déjà été signés au 15 janvier. Et pour avoir vu les acteurs avant et après, ils sont plutôt pas mécontents. Aujourd’hui il y a un changement de paradigme et ils l’ont compris. »

AFP