Les négociations commerciales de 2018 s’annonçaient pourtant sous de bons auspices après les États-généraux de l’alimentation (EGA) qui ont débouché sur la signature d’une charte de bonne conduite censée permettre une meilleure répartition de la valeur entre les acteurs de la chaîne.

« Aucun progrès »

« Malgré les EGA et la charte, il n’y a aucun progrès ! Le climat des négociations s’est avéré catastrophique », critique l’Ania ce 20 mars 2018, qui assure que 47 % des entreprises ont été contraintes d’accepter des baisses de tarif.

« Il y avait des choses très positives dans les conclusions des EGA pour relancer la filière. Mais tout ça a été détruit en un mois », regrette Jean-Philippe Girard, président de l’Ania, lors d’un point de presse à Paris.

Ralentir la guerre des prix

Le projet de loi sur l’alimentation présenté à la fin de janvier par le gouvernement vise notamment à contraindre la grande distribution à ralentir la guerre des prix pour défendre les intérêts des agriculteurs. Il prévoit par exemple d’encadrer les promotions ou de relever le seuil de revente à perte (SRP).

« On n’arrive pas à faire changer les mentalités sans loi, donc on va défendre ce texte. On n’a pas le choix », affirme Jean-Philippe Girard. Selon l’Ania, la répercussion de ces mesures sur les consommateurs ne dépasserait pas 50 centimes par mois et par personne.

Renforcer les sanctions

« Le pouvoir d’achat ne se joue pas dans le caddie du supermarché », estime l’Ania, qui assure que les dépenses d’alimentation représentent moins de 10 % du budget des ménages. Et de réclamer un renforcement des contrôles et des sanctions allant jusqu’à « 5 % du chiffre d’affaires » envers les distributeurs qui ne joueraient pas le jeu.

AFP