« À l’origine de l’association, Jean-Michel Lemétayer voulait faire profiter les plus démunis de ce que les producteurs ne pouvaient pas commercialiser », rappelait Angélique Delahaye lors d’une rencontre ce mardi 28 février 2017 au salon de l’agriculture. Productrice de légumes, membre de la FNSEA, elle préside Solaal dont elle présentait les résultats.

Mise en relation

L’association, créée en 2013, organise la mise en relation des producteurs et des coopératives solidaires avec les associations d’aide alimentaire nationales et habilitées. Déjà 10 660 tonnes de produits (fruits et légumes, produits laitiers, œufs) ont été distribuées au bénéfice de 4 millions de personnes démunies. Les actions se poursuivent avec en plus des opérations de glanage organisées pour des associations d’insertion par les maisons familiales.

En 2017 une mission d’observation des dons agricoles sera mise en place. « Il n’y a pas de petite ou grande générosité », commentait Christiane Lambert lors de cette présentation. « Chaque don compte » renchérit Guillaume Garot, député de la Mayenne, président du CNA (conseil national de l’alimentation) et ambassadeur de Solaal, approuvait : « la loi contre le gaspillage alimentaire, votée il y a un an, l’a été à l’unanimité ».

30 % de la production alimentaire jetée ou gaspillée

Il est désormais interdit de jeter ou détruire la nourriture consommable sous peine d’une amende de 3 700 € par infraction constatée. « 30 % de la production alimentaire est jetée ou gaspillée. Chaque personne jette 20 à 30 kg de nourriture dont 7 encore emballées. Cela représente 100 euros par consommateur. La loi a été efficace contre le gaspillage. Elle a éveillé les consciences. Nous insistons aussi auprès des jeunes : gaspiller c’est ne pas respecter le travail de ceux qui ont produit cette nourriture. »

Les banques alimentaires constatent, depuis cette loi, une augmentation des dons de 10 à 15 %. L’Ademe a mesuré que chaque GMS perdait 400 000 € par an à cause du gaspillage. Ceux qui ont été attentifs à ces pertes, ont pu diminuer l’ardoise de 70 000 €. Angélique Delahaye rappelait enfin qu’elle tente de faire avancer une proposition de loi au parlement européen qui introduirait une hiérarchie dans l’utilisation des aliments : « leur destination première devrait être les hommes, puis les animaux et en dernier lieu seulement, les méthaniseurs », concluait-elle.

Marie-Gabrielle Miossec