L’association de consommateurs dénonce une fracture numérique grandissante « qui prend des proportions dramatiques puisque 11,1 % des consommateurs, soit 7,5 millions, sont désormais inéligibles à un internet de qualité ». C’est-à-dire un débit supérieur à 3 mégabits par seconde (Mbit/s). Et ces consommateurs sont « majoritairement dans les petites communes ».

Le très haut débit concentré dans les zones très denses

Les modalités de déploiement du très haut débit renforcent cette fracture numérique puisqu’il s’est concentré en premier lieu dans les zones très denses. « Le meilleur du très haut débit est accessible pour moins de 1 % des habitants dans la Creuse ou en Dordogne, alors qu’il l’est pour plus de 90 % des habitants à Paris ou dans les Hauts-de-Seine », estime l’association dans son communiqué de presse.

Cette fracture risque de durer, selon l’association, qui estime que le plan France Très Haut débit ne sera pas tenu et ses objectifs atteints seulement en 2035, au rythme actuel des déploiements. Pour y remédier, l’UFC-Que Choisir demande au gouvernement « d’orienter en priorité ses financements dans les réseaux de l’internet fixe dans les zones aujourd’hui dépourvues d’un internet de qualité ».

Flambée des tarifs

L’association craint parallèlement une flambée des tarifs avec la fibre, dont le coût de l’abonnement pourrait être jusque « un tiers de plus qu’aujourd’hui, compte tenu de coûts de raccordements plus élevés pour les opérateurs ». L’UFC-Que Choisir demande donc à l’Autorité de régulation des télécoms (Arcep) et au gouvernement de ne pas augmenter les tarifs sur les réseaux cuivrés.

Cette option est envisagée pour accélérer la migration des clients de l’ADSL vers la fibre dans les zones où cette dernière est désormais présente. « Les offres ADSL constituent sur le marché de l’internet un pivot tarifaire qui limite la capacité des fournisseurs d’accès d’augmenter les tarifs sur la fibre. Dès lors, toute hausse de leur prix affecterait l’ensemble des offres portant sur l’internet, quelle que soit la technologie ».

Le gouvernement a lancé en 2013 un plan « Très haut débit » qui représente un investissement de 20 milliards d’euros jusqu’en 2020, partagé entre opérateurs privés, collectivités territoriales et État.

Ce plan vise une couverture intégrale du territoire d’ici à 2022, principalement à l’aide de la fibre optique, mais aussi grâce au satellite, à la montée en débit sur le réseau ADSL et à la 4G fixe.

AFP