« On ne m’a pas nommé pour un mois. Les électeurs, avec les législatives, décideront s’ils donnent une majorité au président de la République. Et s’il lui donne une majorité, je crois pouvoir vous dire que je resterai », a prévenu le nouveau ministre de l’Agriculture, lors d’une première visite au monde agricole, le 18 mai 2017.

Rencontre avec Nicolas Hulot

Face aux membres du Conseil agricole français (CAF) réuni à l’Assemblée permanente des chambres d’agriculture à Paris, il a souhaité rassurer quant à la nomination de Nicolas Hulot, au ministère de la Transition écologique. « Nous nous sommes vus juste avant le conseil des ministres, et je suis convaincu que nous allons pouvoir travailler ensemble sans difficulté. Nous avons à mener ensemble un certain nombre de dossiers. Si nous considérons que nous sommes sur une approche contradictoire, nous ne pourrons pas réussir. Mon approche sera celle de la construction ensemble. Je sais que c’est un homme intelligent. »

Jacques Mézard s’est dit aussi proche de Richard Ferrand, ministre de la Cohésion du territoire, pour rassurer à nouveau sur le périmètre de son ministère. Les chambres d’agriculture et la FNSEA avaient en effet souhaité que les territoires lui reviennent.

« Je n’ai pas hésité à accepter »

« La nomination m’a surpris, a-t-il poursuivi. Car je ne suis pas de ceux qui font le pied de grue pour avoir un maroquin. Nous avons des relations de confiance avec le président de la République, et donc s’il a pensé à moi, c’est qu’il a considéré, avec le Premier ministre, que je pouvais apporter quelque chose dans le domaine de l’agriculture. »

Puis rappelant son historique d’élu de terrain, il déclare : « Je n’ai pas hésité à dire oui à monsieur le Premier ministre, parce que je suis un homme de territoires. » Il a aussi souhaité montrer qu’il connaissait l’agriculture. « Je sais ce qu’est la Safer, je sais ce qu’est un broutard…, je connaissais ce monde rural, je l’aime. »

À ceux qui s’inquiètent de son manque d’expérience sur l’Europe, le ministre a répondu qu’« il faut toujours commencer. Nous avons une équipe. Dans tous les dossiers, ce qui compte, c’est de travailler, et je suis capable de travailler. » Jacques Mézard assure « avoir les éléments nécessaires pour s’atteler à l’ensemble des dossiers », rappelant qu’en tant que président de groupe du Rassemblement démocratique et social européen au Sénat, il a « eu à jeter un œil sur beaucoup de dossiers dans différents domaines ».

Pas de visite à Malte

Le ministre ne se rendra pas à Malte, mardi, au conseil informel des ministres européens de l’Agriculture. « Je ne pense pas y aller, parce qu’il est informel, justifie-t-il. Je veux préparer les dossiers européens avec suffisamment de temps… pour être opérationnel. » Son équipe est toujours en cours de formation, a-t-il enfin indiqué. Il a néanmoins déjà nommé Julie Lavet, cheffe de cabinet issue de celui de Bernard Cazeneuve.

Rosanne Aries