« Mon père avait commencé à mettre en place un réseau entre agriculteurs, parce que déjà la pratique était courante. Avec Vincent, on a voulu aller plus loin, et plus vite », explique Mickaël Jacquemin.

Polyculteur-éleveur à Lignon dans la Marne, l’homme de 43 ans a mis au point avec son beau-frère, Vincent Barbier, le premier site d’échange de parcelles agricoles, viticoles ou de prairies. Autrement dit, « on a imaginé une solution pratique à un problème du quotidien qui remonte à longtemps ! » Le dispositif met en relation des agriculteurs qui souhaiteraient échanger leurs parcelles, même éloignées.

Au moins trois agriculteurs en relation

« C’est gratuit, à l’enregistrement comme à l’échange » : il suffit de déposer une annonce sur www.echangeparcelle.fr avec la localisation cartographique de son exploitation et de la parcelle à échanger, ainsi que le critère de distance souhaité. « Le système algorithmique est capable d’organiser des échanges en cascade avec au moins trois agriculteurs, et de trouver les parcelles correspondant à la recherche. Il revient ensuite aux inscrits d’aller au bout de leur échange, ou pas. »

Seul « hic » à ce jour : la couverture incomplète du territoire français. L’intérêt de la plateforme ira grandissant avec son nombre d’utilisateurs. Les deux inventeurs visent 200 parcelles par département dans les deux ans.

Des partenaires pour accompagner l’échange

Lancé officiellement le 29 novembre 2016, à Paris, au siège de la pépinière de start-ups du Crédit agricole, le « Village by CA », l’outil est financé par des partenaires économiques, notamment des sociétés de conseil, des experts-comptables, des assureurs, des experts fonciers, les chambres d’agriculture… « L’échange, en jouissance (temporaire), peut se conclure en se tapant dans la main, mais nous orientons, de notre côté, vers ces partenaires qui vont permettre de sécuriser l’échange », explique Mickaël Jacquemin, qui rappelle que leur projet n’a nécessité aucune levée de fonds.

« L’objectif est d’accorder plus de souplesse et de flexibilité aux agriculteurs. Après, notre rôle est de sécuriser la transaction en proposant un diagnostic économique, réglementaire, environnemental et d’aider à la rédaction de contrat notamment », complète Carole Hernandez-Zakine, responsable de l’équipe en charge des expertises, à Agrosolutions, partenaire de la start-up.

« Selon un état des lieux réalisé dans l’Ille-et-Vilaine, 30 % des agriculteurs ont déjà réalisé des échanges de parcelles et 70 % se disent prêts à le faire », rapporte Mickaël Jacquemin.

Rosanne Aries