Les structures coopératives menacent-elles les agriculteurs dans leur relation au foncier ? C’est ce que craint la Coordination rurale (CR) depuis la publication au début d’octobre par Coop de France et la CCVF (Confédération des coopératives vinicoles de France), d’un guide pratique destiné à faciliter l’acquisition et la gestion de terres.

Concentration

« On le voit, les coopératives ont toutes les possibilités imaginables pour acquérir et gérer du foncier agricole, s’alarme le syndicat, dans une tribune publiée sur son site internet le 3 novembre 2016. Une nouvelle forme d’agriculture sans paysans peut être envisagée, les coopératives concentrant entre leurs mains tout le capital et toute la chaîne de valeur. »

Le guide mentionne pourtant le caractère accessoire de telles acquisitions. Pas de quoi rassurer la CR : « Pour définir la notion d’opération accessoire, le Haut-Conseil de la coopération agricole recommande de retenir le ratio de 20 % entre les surfaces détenues directement par la coopérative et celles exploitées par ses associés coopérateurs, rapporte le syndicat. Ce ratio n’est que de la poudre aux yeux ! »

« D’une part, il n’est absolument pas contraignant et son irrespect n’est visiblement pas sanctionné. Mais surtout, il s’agit de détentions directes. Par des filiales ou des GFA écrans, la coopérative peut tout à fait détenir du foncier bien au-delà du seuil de 20 %. Maîtrisant un pourcentage important des surfaces cultivées, elle pilote la production et décide du prix des matières premières collectées. »

Alain Cardinaux