Lors d’une conférence organisée par l’Académie d’agriculture de France, le 16 mai 2018, Sébastien Prin, responsable du marché agricole à la confédération nationale du Crédit mutuel, a rappelé que les banques sont toujours les principaux financeurs de l’agriculture.
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Lors d’une conférence organisée par l’Académie d’agriculture de France, le 16 mai 2018, Sébastien Prin, responsable du marché agricole à la confédération nationale du Crédit mutuel, a rappelé que les banques sont toujours les principaux financeurs de l’agriculture.

Sur un total de 13 milliards d’euros investis chaque année sur les exploitations, 11 milliards sont financés par les banques. Ce montant ne fléchit pas en dépit de la crise. « Les agriculteurs continuent d’investir dans leur outil de production, constate Sébastien Prin. Les projets sont de plus en plus complexes d’un point de vue juridique et administratif. Les capitaux investis sont de plus en plus élevés. En parallèle, la fréquence des aléas agronomiques, sanitaires, climatiques, économiques et humains augmente. »

Les banques agricoles doivent s’adapter. Sébastien Prin évoque la création d’un « nouvel écosystème de la relation bancaire ». « Les exploitants sont de plus en plus souvent dans une logique de chef d’entreprise. Ils veulent avoir le choix des partenaires avec qui ils travaillent et ne privilégient plus les modes de financement classique par emprunt. Ils utilisent d’autres outils : le crédit-bail, la location, les financements participatifs », détaille Sébastien Prin. « Nous devons trouver des partenaires, d’autres acteurs du financement de l’agriculture pour répondre à la diversité des projets », explique-t-il.

Selon Gérald Evin, président de Labeliance Invest (1), les critères extra-financiers vont devenir de plus en plus importants dans l’analyse et l’accompagnement autour d’un projet. « La société veut des projets environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG). Pour moi, l’agriculture a une carte à jouer dans ce registre. Elle ne peut pas être davantage ESG, affirme-t-il.

Les garanties apportées changent

Dans l’agriculture, en moyenne, les capitaux sont garantis seulement à hauteur de 40 %. « C’est beaucoup moins que dans les autres secteurs, explique Sébastien Prin. De plus, avec l’augmentation de la professionnalisation des exploitants, il est de plus en plus difficile d’avoir des cautions privées. Le temps où papa et maman se portaient caution est révolu et c’est compréhensible. »

Mais la question des garanties reste un point important pour les banques. La place des fonds de garantie, encore peu présents en agriculture, va être amenée à augmenter.

Michel Cottet, directeur de Siagi, une société de caution mutuelle pour les petites entreprises, explique : « Le marché des artisans commerçants est proche du celui des entreprises agricoles. Pourtant, plus d’un dossier de financement sur sept est garanti par un organisme extérieur comme la Siagi pour les artisans commerçants, contre seulement un sur 100 en agriculture. »

Marie Salset

(1) Labeliance Invest est une société proposant des solutions de financement en fonds propres, notamment aux sociétés et coopératives intervenant dans les filières agricoles et alimentaires mais aussi auprès d’exploitations agricoles.