« Nos intuitions ont été attestées, mais des approfondissements restent nécessaires quant à la quantification et le chiffrage global des externalités positives de l’agriculture bio », ont reconnu les responsables de l’étude, Natacha Sautereau, de l’Itab (1), et Marc Benoit, de l’Inra (2). L’étude s’est basée sur 300 publications scientifiques internationales pour comparer les externalités du mode de production bio sur l’ensemble du système : biodiversité, qualité de l’air et de l’eau, fertilité des terres, climat, mais aussi santé humaine, bien-être animal et emploi. Pour chaque critère, le bio était comparé au mode de production conventionnel, avec un chiffrage rapporté à l’hectare de grandes cultures.

De quoi orienter la Pac 2020

Certains chiffres ont tout de même été avancés : 20 à 46 €/ha de coûts de traitement de l’eau en moins, 23 €/ha de stockage de carbone en plus, jusqu’à 48 €/ha de pollinisation supplémentaire, 62 €/ha de coût de cancer en moins, 37 €/ha de coût de chômage évité, etc. La liste est intéressante et on serait tenté d’additionner ces externalités positives pour imaginer un montant d’aides à l’hectare pour le bio…

Mais c’est trop tôt, met en garde Natacha Sautereau. « Il y a trop d’incertitudes et de manques, même si une rémunération semble justifiée ». C’est d’ailleurs avec ces premiers éléments « probants » que le ministre, qui avait commandé cette étude il y a un an, compte plaider en faveur de la rémunération du bio dans les négociations pour la Pac après 2020.

Sophie Bergot

(1) Institut technique de l’agriculture biologique (Itab)

(2) Institut national de la recherche agronomique.