Les discussions avec Michel-Édouard Leclerc, patron des supermarchés du même nom, remontent à la semaine dernière. La patronne de la FNSEA a expliqué le 5 septembre 2017 sur BFM Business que cette rencontre avait eu lieu en marge des États-généraux de l’alimentation : « Nous avons eu une séance de travail dense, pendant 2h45, sans concession », a-t-elle déclaré.

« Trouver un accord »

Christiane Lambert en a profité pour dire à Michel Édouard Leclerc « que son idée du prix toujours le plus bas conduit à de la déflation. Et il le reconnaît ». Elle assure ne pas être « dupe. Je sais bien qu’il ne va pas changer de politique du jour au lendemain mais je crois qu’il a compris à quel point les producteurs aujourd’hui étaient exsangues. »

« Le choix que nous avons fait est d’essayer de voir sur quel point nous pouvons trouver un accord, a-t-elle expliqué. Nous avons partagé certains points de vue convergents sur le dossier clé du droit de la concurrence tel qu’il est exercé à Bruxelles, notamment sur le fait qu’on ne pouvait pas, pour les produits agricoles qui sont des produits basiques à faible élasticité, appliquer les mêmes règles qu’à des produits qui n’ont pas les mêmes obligations. »

« Une pression invivable »

Mais cela n’a pas empêché les membres de la FNSEA de mettre les choses au point sur d’autres sujets sensibles. « Nous lui avons dit que nous étions très au courant des conditions de négociations dans les box où les commerciaux des entreprises agroalimentaires privées ou coopératives sont soumis à une pression invivable. C’était très cru », selon elle.

« Nous lui avons aussi reproché de ne pas être signataire d’un certain nombre d’engagements comme, par exemple, la mise en avant des races françaises de bovins. Là il a été très réservé et cela ne nous convient pas », a-t-elle ajouté.

Christiane Lambert a également critiqué l’établissement par Michel-Édouard Leclerc d’une plateforme d’achat avec l’Allemand Rewe à Bruxelles pour « des raisons fiscales ». « Nous savons qu’il y a certainement des raisons d’optimisation, non avouées mais avérées. […] Ce n’est pas hors la loi, c’est scandaleux, mais c’est permis. Par contre, les effets produits sont dramatiques. »

AFP