Abordée au cours des États-généraux de l’alimentation, la proposition de relèvement du seuil de revente à perte (seuil en dessous duquel un distributeur a l’interdiction de revendre un produit) provoque le mécontentement de l’association UFC-Que choisir. Elle s’adresse à Emmanuel Macron, dans une lettre ouverte, et l’appelle à faire barrage à ce projet.

« Nous ne pouvons pas accepter que soit engagée, en l’absence de toute étude d’impact officielle, une telle réforme aux conséquences inflationnistes aussi lourdes que certaines, et dont les bénéfices pour les revenus agricoles sont aussi hypothétiques que faibles, » insiste l’association dans ce courrier diffusé à la presse ce mardi 10 octobre 2010.

Revaloriser les revenus agricoles

Le principe est de revaloriser les revenus agricoles en remontant le prix des produits de grandes marques. Les marges de ces derniers, par un effet de vases communiquants, permettraient au distributeur de payer un peu plus les productions agricoles. Un résultat que l’UFC-Que choisir réfute en bloc, argumentant notamment que les produits alimentaires transformés ne sont pas tous issus de l’Hexagone, ou pas nécessairement produits à partir de matières premières agricoles françaises.

« Par ailleurs, la répercussion jusqu’aux agriculteurs de la hausse des prix de vente repose sur un double pari qui nous apparaît plus qu’incertain, renchérit l’association. Contraindre les distributeurs à revendre plus cher ne garantit en rien qu’ils achètent ces produits à un prix plus élevé à leurs fournisseurs. » L’UFC-Que choisir estime que, même dans l’hypothèse où les distributeurs achèteraient plus cher leurs produits aux industriels, il faudrait encore compter sur la bonne volonté de ces derniers pour augmenter les prix d’achat des matières premières agricoles.

« La bonne volonté des industriels et des distributeurs »

« Le retour, même partiel, de cette augmentation vers les agriculteurs repose donc sur la bonne volonté des distributeurs d’abord, des industriels ensuite, qui devraient accepter sans que rien ne les y contraigne à diminuer leurs profits pour augmenter le revenu agricole », poursuit l’association.

L’UFC-Que choisir rappelle néanmoins qu’une « part significative des agriculteurs a un problème récurrent de faible revenu, et il n’est pas admissible que certains d’entre eux ne puissent vivre de leur travail du fait de prix agricoles indignes imposés lors des négociations commerciales avec l’industrie et la distribution ».

L’association soutient donc d’autres mesures proposées dans les États-généraux, comme la possibilité pour les organisations de producteurs de participer à la négociation commerciale, la prise en compte du prix de revient agricole dans les contrats ou encore le renforcement de la notion de prix abusivement bas.

Hélène ChaligneJournaliste web