Cette fois, c’est vraiment parti. Après un lancement en demi-teinte le 20 juillet dernier et un mois de casse-tête pour composer les groupes de travail, les États-généraux de l’alimentation vont pouvoir démarrer : le ministre de l’Agriculture, Stéphane Travert, a officiellement installé les 14 ateliers ce lundi 28 août 2017, promettant « une réforme sans précédent de l’agriculture française ».

L’atelier numéro 5, intitulé « rendre les prix d’achat des produits agricoles plus rémunérateurs pour les agriculteurs », ouvre le bal des discussions, avec une première réunion fixée demain, le mardi 29 août. 55 participants sont attendus. Il reviendra à François Eyraud, directeur général de « Produits frais Danone », et Serge Papin, P.-D. G. de système U, de coprésider ce groupe.

Un mois de travail

Cette double nomination a suscité de nombreuses critiques cet été, la profession agricole regrettant de voir la rémunération des paysans dans les mains de l’aval. Peut-être pour la rassurer, un « coordinateur des États-généraux » issu des rangs agricoles a été nommé, in extremis. Il s’agit d’Olivier Allain, vice-président de la Région Bretagne en charge de l’agriculture, ancien président de chambre d’agriculture et ex-conseiller agricole du candidat Macron. Il lui reviendra la charge de centraliser les résultats des travaux, de les synthétiser, voire de « tempérer » les idées émises. Il compte le faire avec « pragmatisme et efficacité », en particulier pour le suivi de ce fameux cinquième atelier.

Le chantier consacré à la création et la répartition de la valeur (sept ateliers en tout, trois ou quatre réunions par atelier) s’achèvera à la fin de septembre. Un « calendrier très serré », reconnaît le gouvernement, qui a pour but d’intégrer les premiers résultats aux négociations commerciales qui s’ouvriront cet automne. Le président de la République pourrait présenter les mesures qui en découleront dès le 11 octobre 2017.

« Nous pourrons agir par voie réglementaire et par ordonnance pour être opérationnels rapidement », a confirmé Stéphane Travert. Un travail de négociation auprès de l’Union européenne est par ailleurs envisagé, notamment sur la question du droit de la concurrence. Quoi qu’il en soit, « il ne peut pas ne rien se passer », martèle le ministre de l’Agriculture. Un point qui met tout le monde d’accord.

Alain Cardinaux