Enthousiasmants, les États-généraux de l’alimentation ? La FNSEA veut le croire : « Nous sommes satisfaits des premières réunions car nous avons très vite pu entrer dans le concret », a soutenu Christiane Lambert, présidente du syndicat majoritaire, lors de sa conférence de rentrée, ce mardi 5 septembre 2017. Un constat aux antipodes de celui dressé par la Coordination rurale (CR) la semaine dernière, qui résumait le lancement des ateliers par cette formule lapidaire : « une journée pénible ».

Points de convergence

Si la CR promet de « placer le fer là où ça fait mal » durant les débats, la FNSEA suit la ligne consensuelle tracée par sa présidente. Ces dernières semaines, Christiane Lambert a multiplié les rencontres avec les industriels et les distributeurs, allant jusqu’à poser en photo aux côtés de Michel-Edouard Leclerc. Car selon elle, « il est nécessaire de trouver des points de convergence et d’équilibre pour que les États-généraux soient un succès ». Alliance contre-nature ? « Nous ne pouvons pas être en permanence dans le rapport de force, rétorque-t-elle. Passer d’adversaires à partenaires est une conviction ! »

Quelques jours plus tôt, la Confédération paysanne fustigeait cette stratégie, estimant que « le revenu des paysans ne sera jamais assuré de manière pérenne par la seule bonté d’âme de ces entreprises, tournées logiquement vers leur profit, que représentent l’Ania et la FCD ». Christiane Lambert répond par un seul mot d’ordre : « coconstruction ». « Nous travaillons d’arrache-pied pour que, dans les annonces que fera Emmanuel Macron à la mi-octobre, figurent un encadrement des promotions et un seuil de revente à perte pour les enseignes », explique-t-elle. Résultats des courses cet automne.

Alain Cardinaux