Les alentours d’Alicante, Murcie et Almeria, sur la côte espagnole du Levant, où sont produits en toute saison des fruits et légumes pour toute l’Europe, souffrent particulièrement de la situation. L’Espagne traverse une de ses pires sécheresses depuis le début des années 1980. « Sans eau au Levant, désert et chômage. Défendons le potager de l’Europe », pouvait-on lire sur une banderole dans le défilé.

15 à 20 % de la production habituelle

« On nous a coupé l’eau à 80 % », s’indigne José Salvas, gérant d’une entreprise agricole dans la région d’Almeria. Il dit n’avoir pu faire pousser que 15 à 20 % de sa production habituelle de salades et pastèques, une situation « irréelle ». Certains agriculteurs, dit-il, ont même envisagé de déplacer une partie de leur production dans le sud de la France, autour de Montpellier, où l’eau est plus abondante.

« En 39 ans, je n’ai jamais connu une année aussi grave, affirme aussi Pepe Rodriguez, agriculteur de 59 ans de la région de Murcie. Qu’est-ce qu’on va faire avec tous les immigrés que nous avons là-bas ? », s’interroge-t-il, inquiet pour les emplois dont vivent de nombreuses familles dans sa région, dont beaucoup de travailleurs venus d’Afrique.

Transférer de l’eau du nord vers le sud

L’agriculteur souhaite que le gouvernement subventionne le dessalement de l’eau de mer, et mette en place à plus long terme un système de transvasement des eaux des fleuves du nord vers le sud. Les réserves d’eau des bassins du Jucar et du Segura, les deux principaux fleuves arrosant le sud-est du pays, étaient à 27,7 % et 17,6 % de leur capacité, selon les données officielles publiées mardi.

AFP